Le "New York Times" publie une enquête sur le massacre de civils à Boutcha, en Ukraine.
Le quotidien américain a pu remonter la chaîne de commandement russe.
Les preuves récoltées montrent qu'au moins un commandant est responsable de l'exécution de civils dans la ville ukrainienne.

Le souvenir est encore douloureux. En avril dernier, après la reprise de Boutcha, de funestes images sont parvenues depuis cette petite ville ukrainienne où les cadavres jonchaient le bitume. Parmi eux, des dizaines de civils. Mais alors que Moscou a toujours démenti un quelconque massacre, accusant l'Ukraine de "fake news", une nouvelle enquête publiée par le New York Times ce jeudi 22 décembre vient prouver que cette hécatombe a bien eu lieu. Et qu'elle aurait été perpétrée avec l'accord d'au moins un commandant russe. 

Des appels téléphoniques incriminants

Après que les caméras du monde entier, abasourdies par ce spectacle macabre, ont quitté les lieux, des journalistes du prestigieux quotidien américain sont restés sur place. Ils ont passé huit mois dans cette petite ville proche de la capitale, à interroger les habitants, collecter des images de caméras de sécurité et de drones et à examiner les relevés téléphoniques. 

Une flopée d'indices qui ont permis aux journalistes d'identifier des parachutistes russes du 234e régiment comme les auteurs du massacre à Boutcha et préciser leur mode d'action. Les preuves placent en effet cette unité sur les lieux des exécutions au moment où elles se sont produites. Ainsi, les plaques d'immatriculation des véhicules visibles sur les caméras de vidéosurveillance sont similaires à ceux utilisés lors d'exercices de ce même régiment en 2020 et en février 2022. Des badges d'uniforme et des bordereaux sur des caisses de munitions corroborent cette piste.

Par ailleurs, le New York Times a pu analyser certains appels téléphoniques passés par les soldats russes depuis le téléphone des victimes ukrainiennes. Or, en recherchant les profils sur les réseaux sociaux associés aux destinataires des appels et SMS, e quotidien a pu confirmer l'identité de 22 soldats membres du 234e régiment. Et surtout, ces appels prouvent que le lieutenant-colonel Artyom Gorodilov, le chef de ce régiment de parachutistes, a supervisé ces opérations sans broncher. Ces appels ont confirmé qu'il communiquait tout au long du massacre avec ses troupes sur le terrain. 

Ces révélations montrent donc non seulement que le massacre de Boutcha a bien eu lieu, mais qu'il a été perpétré avec la complicité d'au moins un commandant. En tout, ce régiment a fait au moins 36 victimes civiles, d'après les informations du quotidien américain. 


FS

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