En difficulté en Ukraine, Poutine choisit l'escalade

"Une offense au bon sens" : "BoJo" vivement critiqué pour sa comparaison entre la lutte des Ukrainiens et le référendum du Brexit

La rédaction de TF1info
Publié le 20 mars 2022 à 12h51
JT Perso

Source : JT 20h WE

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a comparé, samedi 19 mars, la résistance ukrainienne face à l'invasion russe et le référendum pro-Brexit de 2016.
Ce trait entre les deux événements a fait immédiatement polémique.

La comparaison n'est pas passée du tout. Dans un discours prononcé, samedi 19 mars, au congrès de son Parti conservateur à Blackpool, au nord de l'Angleterre, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a rapproché la résistance ukrainienne face à l'invasion russe au Brexit. Le locataire du 10 Downing Street a déclaré que c'était "l'instinct du peuple de ce pays, comme le peuple ukrainien, de choisir la liberté", citant comme "exemple récent célèbre" le référendum sur le Brexit en juin 2016. 

"Lorsque les Britanniques ont voté pour le Brexit, en si grand nombre, je ne pense pas que c'était parce qu'ils étaient hostiles aux étrangers. C'est parce qu'ils voulaient être libres de faire les choses différemment et pour que ce pays puisse se gérer lui-même", a-t-il expliqué devant l'ambassadeur d'Ukraine à Londres, Vadym Prystaiko. Des paroles, faisant le parallèle entre la lutte des Ukrainiens et les Britanniques ayant voté pour la sortie de l'UE, vivement critiquées, y compris dans son camp conservateur.

"Si j'étais Ukrainien, je me sentirais insulté"

Dans un message, retweeté par l'ambassadrice de France au Royaume-Uni, Catherine Colonna, le député conservateur Tobias Ellwood a fustigé : "Si nous voulons vaincre Poutine, nous avons besoin d'un leadership et d'une unité internationaux." "Comparer la lutte du peuple ukrainien contre la tyrannie de Poutine au peuple britannique votant pour le Brexit nuit au niveau de leadership politique que nous commencions à montrer", a ajouté le président de la commission parlementaire de la Défense.

La sortie de Boris Johnson a aussi fait réagir la diplomatie française. "Si j'étais Ukrainien, je me sentirais insulté", a indiqué sur Twitter Philippe Errera, directeur général des affaires politiques et de sécurité du Quai d'Orsay. "Si j'étais Britannique, j'aurais honte. En tant que diplomate français, je ne commenterai pas sur Twitter..." L'ancien président du Conseil européen, Donald Tusk, a lui estimé que la comparaison "offense les Ukrainiens, les Britanniques et le bon sens". L'ex-négociateur européen, Guy Verhofstadt, a jugé "folle" ce parallèle, soulignant que "les Ukrainiens veulent plus de liberté et rejoindre l'UE !"

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Réagissant aux propos du Premier ministre, le ministre britannique des Finances, Rishi Sunak, a affirmé, dimanche 20 mars, sur SkyNews qu'il ne considérait pas les deux situations comparables. "De toute évidence, elles ne sont pas directement analogues et je ne pense pas que le Premier ministre ait dit qu'elles étaient directement analogues non plus", a-t-il déclaré.


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