Invasion russe en Ukraine : Poutine refuse de céder

Guerre en Ukraine : le Kremlin se retranche dans "un monde parallèle et virtuel", selon Sergueï Jirnov

Maëlane Loaëc
Publié le 30 mai 2022 à 11h05
JT Perso

Source : L'Invité Politique

L'ancien agent du KGB a affirmé dans l'Interview Politique sur LCI que seule une information tronquée parvient à Vladimir Poutine.
Ses hommes "lui disent ce qu'il a envie d'entendre" uniquement, selon lui.
Le dirigeant russe est pourtant loin de dominer : il est "insignifiant et inexistant", a-t-il assuré.

Un dirigeant esseulé, paranoïaque, ultra-protégé et déconnecté du terrain de la guerre : c'est le portrait de Vladimir Poutine qu'a brossé sur LCI lundi Sergueï Jirnov, ancien agent du KGB. Dans son livre L'Engrenage, dans lequel il décrypte la guerre en Ukraine, qui paraît cette semaine aux éditions Albin Michel, il décrit le chef de l'État russe comme "très isolé, entouré de personnes qui n'osent pas dire la vérité". En obtenant une information filtrée, voire complètement détournée, le chef du Kremlin"s'est mis lui-même dans un piège", a-t-il assuré dans l'Interview Politique. 

L'ex-agent est revenu notamment sur les propos du ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, qui a assuré dimanche dans un entretien sur TF1 et LCI que la France "joue un rôle actif en Ukraine et alimente le nationalisme ukrainien et le néonazisme". "On sait comment les Russes frappent et tuent les civils. Après, Lavrov va dire : 'non, c'est une guerre de précision, on ne tape que les cibles militaires et les néonazis'. C'est fatiguant, mais symptomatique. Ils sont dans un monde parallèle et virtuel, qu'ils se sont construits entre eux au Kremlin", a-t-il jugé. 

"Un lâche qui vit dans un pays anachronique, qui vit dans le passé"

Dans ce contexte, difficile donc de faire parvenir des informations vérifiées au dirigeant russe. C'est pourquoi la stratégie d'Emmanuel Macron de garder contact avec Vladimir Poutine pour tenter de négocier n'est pas vaine, selon Sergueï Jirnov, bien qu'elle soit critiquée par certains pays, dont l'Ukraine elle-même. "Ils estiment qu'on ne parle pas avec un criminel de guerre, mais je crois que c'est important", a-t-il déclaré, car les hommes du Kremlin "lui disent ce qu'il a envie d'entendre" uniquement, bien qu'ils soient "très bien informés" car "les services de renseignement fonctionnent très bien en Russie". "Emmanuel Macron garde la possibilité de lui dire : 'Vladimir, tu es à côté de la plaque'", a souligné l'auteur.

Par ailleurs, le dirigeant russe s'est retranché dans un bunker au cours de l'épidémie de Covid-19 par peur d'être contaminé, et pourrait encore y être retiré. Plus largement, celui qui a rencontré à quatre reprises Vladimir Poutine, également ex-agent du KGB, a taillé le portrait d'un chef affaibli, qui tente de dissimuler ses défaillances par des démonstrations de force : "il est insignifiant et inexistant", a-t-il estimé. "Il nous fait peur avec l'arme nucléaire (...) Il essaie de faire chanter le monde entier. C'est un aveu de faiblesse, il n'est pas fort du tout : c'est un lâche qui vit dans un pays anachronique, qui vit dans le passé", a-t-il tancé. 

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Pourrait-il désormais être éliminé par un proche ? "Tout le monde le pense. Dans les dictatures, la plupart du temps, cela passe par l'intérieur", a-t-il lancé. Avant de nuancer : "Mais la possibilité est minime, c'est un homme très bien gardé qui choisit très bien ses gardes du corps. Il y a 40.000 hommes dans le FSO, le service de sécurité du président"

Par ailleurs, Vladimir Poutine se barricade complètement : il n'a pas de téléphone portable, d’ordinateur, sa nourriture est analysée... "Il me fait penser à Hitler enterré dans son bunker en mars 1945, complètement coupé du monde. Quasiment deux semaines avant la fin de la Seconde Guerre mondiale pour les Allemands, et il était encore en train de raconter de grands discours, assurant que l’Allemagne allait vaincre", a conclu Sergueï Jirnov. 


Maëlane Loaëc

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