Au plus près des combats à Bakhmout, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a promis, mercredi 22 mars, une victoire militaire sur la Russie.
La sûreté nucléaire de la centrale de Zaporijjia, occupée par l'armée russe, se trouve par ailleurs dans un "état précaire", a alerté l'AIEA.
Les faits marquants de ces dernières 24 heures.

"La Russie perdra cette guerre", prédit Volodymyr Zelensky. Au lendemain d'un appel à la paix lancé sans convaincre depuis Moscou par le chef de l'État chinois, Xi Jinping, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s'est rendu, mercredi 22 mars, près de Bakhmout, épicentre du front et symbole de la résistance ukrainienne dans l'est du pays, où il a promis une victoire militaire sur la Russie "terroriste". "Nous répondrons de façon certaine (...) à toutes les attaques contre nos villes", a-t-il déclaré dans un message vidéo. "Ici, dans le Donbass, dans la région de Kharkiv, partout où le Mal russe est venu, il apparaît évident que cet État terroriste ne peut être stoppé autrement que par notre victoire. (...) La Russie perdra cette guerre."

L'Ukraine confrontée à une nouvelle "nuit de terreur russe". Huit personnes ont été tuées dans une attaque de drones russe ayant touché un lycée professionnel Rjychtchiv, à environ 80 kilomètres au sud de Kiev, durant la nuit du mardi 21 au mercredi 22 mars. "Plus de vingt drones meurtriers iraniens" lancés contre l'Ukraine, "ainsi que des missiles, de nombreux bombardements. Tout cela, c'est juste la dernière nuit de terreur russe", a dénoncé sur Twitter Volodymyr Zelensky, condamnant des "frappes criminelles". Dans une autre frappe, au moins une personne a été tuée et 34 autres blessées, dont trois enfants, selon les secours, lorsque "deux missiles russes" se sont abattus sur un immeuble d'habitation à Zaporijia, dans le centre-est du pays. Le président ukrainien a accusé Moscou de "bombarder la ville avec une sauvagerie bestiale".

Inquiétude maximale autour de Zaporijia. La sûreté nucléaire de la centrale de Zaporijia se trouve dans un "état précaire", a mis en garde le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi. Selon l'organisation, la "dernière ligne électrique de secours", endommagée depuis le 1er mars, reste "déconnectée et en réparation". Or, elle lui permet en dernier recours d'assurer la sûreté et la sécurité nucléaires, en refroidissant notamment ses réacteurs. La centrale dépend depuis trois semaines de l'électricité fournie par une seule ligne externe principale de 750 kV, et "tout dommage (sur cette ligne) entraînera la perte totale de toute l'alimentation hors site de la centrale". "J'appelle une fois de plus toutes les parties à s'engager à garantir la sûreté nucléaire et la protection de la sécurité de la centrale", a ajouté le patron de l'AIEA.

Le coût colossal pour rebâtir l'Ukraine

La reconstruction de l'Ukraine coûtera 411 milliards de dollars. Kiev aura besoin de 411 milliards de dollars pour son redressement et sa reconstruction, un an après le début de l'invasion russe, lancée le 24 février 2022, selon une estimation publiée par la Banque mondiale (BM), l'ONU, l'Union européenne et le gouvernement ukrainien. Alors que les combats se poursuivent, ces organisations et institutions anticipent un besoin immédiat de 14 milliards de dollars dès cette année, afin de réaliser "les investissements critiques et prioritaires" permettant de démarrer la reconstruction. La somme totale représente plus de deux fois le PIB de l'Ukraine en 2021. La précédente estimation, fin octobre, était de 350 milliards de dollars.

Une attaque de drones "repoussée" à Sébastopol. La Russie a annoncé avoir "repoussé" une attaque de drones sur le port de Sébastopol, quatre jours à peine après une visite de Vladimir Poutine dans cette ville de Crimée, une péninsule ukrainienne annexée. "Les trois appareils ont été abattus", a déclaré le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, soulignant que deux d'entre eux avaient été détruits par deux femmes militaires. "J'aimerais que ces jeunes femmes soient décorées et qu'on leur verse une prime pour la destruction des (drones) ennemis", a-t-il lancé. L'assaut n'a fait aucune victime et "la situation est sous contrôle", avait assuré, peu avant, sur Telegram, le gouverneur local Mikhaïl Razvojaïev, installé par la Russie.

Le système de défense anti-aérien de Moscou bientôt modernisé. "Cette année, nous achèverons la modernisation du système de défense antimissile de Moscou", a annoncé le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, cité par les agences de presse russes,  alors que les attaques de drones ukrainiens visant le territoire russe se multiplient. Selon lui, deux nouvelles unités de défense anti-aérienne seront notamment formées et dotées de systèmes de missiles air-sol de nouvelle génération S-350. "Parallèlement, nous achèverons la construction de 621 infrastructures militaires pour les besoins de l'armée de l'air", a-t-il indiqué. La capitale russe n'a jamais été touchée directement par des attaques depuis le début du conflit en Ukraine. Mais, en février dernier, un appareil ukrainien s'était écrasé à une centaine de kilomètres de Moscou, sans faire de dégâts.

Pékin n'a pas encore "franchi la ligne" de livraison d'armes létales à Moscou. Le rapprochement russo-chinois ressemble à "un mariage de convenance" plutôt que de "conviction", a affirmé le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, auditionné par la commission des Affaires étrangères du Sénat américain. "La Russie est clairement le partenaire junior dans cette relation." Devant une autre commission parlementaire, le secrétaire d'État a indiqué que la Chine n'a pas encore livré d'armes létales à Moscou en pleine guerre en Ukraine. "À ce jour, nous ne les avons pas vus franchir cette ligne", a-t-il déclaré.

Washington répond à Moscou sur l'uranium appauvri. Les États-Unis ont rejeté les plaintes de la Russie, qui a critiqué l'annonce, par la Grande-Bretagne, de la livraison prochaine de munitions contenant de l'uranium appauvri à l'Ukraine. Moscou avait jugé qu'un tel choix représenterait une "aggravation sérieuse" du conflit, menaçant de "répliquer". Le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby, a estimé que les arguments russes étaient "fallacieux". Ces obus, efficaces contre les chars et véhicules blindés, "ne sont pas radioactifs", et "ne s'approchent même pas" de la catégorie des armements nucléaires, a-t-il ajouté. "C'est un type de munitions commun, utilisé particulièrement pour sa capacité de perforation de blindage", a affirmé le représentant américain, prévenant que si Moscou "s'inquiète pour ses tanks et les soldats qui les opèrent", ils peuvent "simplement leur faire traverser la frontière pour les ramener en Russie".

16.000 enfants enlevés en Ukraine : Vladimir Poutine responsable ?Source : JT 20h WE

La CPI visée par des "menaces" russes. L'organe législatif de la Cour pénale internationale (CPI) a dénoncé des "menaces" émanant de la Russie à l'encontre des membres de la CPI après qu'elle a émis un mandat d'arrêt contre le président Vladimir Poutine pour le crime de guerre de "déportation" d'enfants ukrainiens. La présidence de l'Assemblée des États parties, qui regroupe les 123 pays membres de la CPI, a déclaré qu'il y avait eu des "menaces" contre la cour et des "mesures annoncées contre le procureur et juges impliqués dans la délivrance de mandats d'arrêt dans la situation en Ukraine".

L'appel au peuple biélorusse de l'opposante Svetlana Tikhanovskaïa. Contrainte à l'exil après avoir été condamnée par contumace à 15 ans de prison, début mars, l'opposante biélorusse Svetlana Tikhanovskaïa a exhorté son pays à rompre les relations avec son voisin russe "colonialiste". "Il est temps de s'opposer à l'ingérence de la Russie dans les affaires intérieures de la Biélorussie", a-t-elle plaidé lors d'une conférence de presse au Congrès américain. Moscou "appuie le régime illégitime" et "mène des actions colonialistes", a accusé l'opposante de 40 ans, qui s'était présentée à la présidentielle de 2020 contre Alexandre Loukachenko au pouvoir depuis trois décennies. "L'agresseur militaire utilise librement notre territoire, notre espace aérien pour attaquer et menacer l'Ukraine", a-t-elle regretté, appelant l'armée russe à "se retirer totalement de Biélorussie".


Y.R. avec AFP

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