L'ex-combattant nazi ukrainien applaudi au Parlement canadien va être poursuivi pour "génocide" en Russie

par M.L (avec AFP)
Publié le 20 octobre 2023 à 16h41

Source : TF1 Info

Un ancien combattant nazi ukrainien, qui avait reçu par erreur les honneurs du Parlement canadien le mois dernier, va être poursuivi en Russie.
Le vétéran de 98 ans est accusé de "génocide" de civils en Ukraine pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le comité d'enquête russe réfléchit à lancer un mandat d'arrêt international à son encontre.

Le scandale embarrasse toujours Kiev et ses alliés, et Moscou espère bien en tirer profit. Le mois dernier, un ex-combattant nazi ukrainien avait été honoré au Parlement canadien, une "terrible erreur" de l'aveu même du Premier ministre Justin Trudeau. Le Russie se saisit du dossier : le vétéran de 98 ans est poursuivi dans le pays pour "génocide" sur des civils en Ukraine durant la Seconde guerre mondiale, a annoncé vendredi le comité d'enquête russe. 

Yaroslav Hunka, 98 ans, a été inculpé par contumace, autrement dit en son absence, a précisé le comité. La possibilité du lancement d'un mandat d'arrêt international et d'une arrestation par contumace était "en train d'être tranchée".

"N'est-ce pas un signe de la nazification de l'Ukraine ?"

Accusé d'avoir combattu dans la SS, il avait été applaudi en septembre par les parlementaires canadiens, Justin Trudeau et le président ukrainien Volodymyr Zelensky, alors en visite dans le pays et lui-même de confession juive. Tous ignoraient son passé : l'unité à laquelle il aurait appartenu est accusée d'avoir tué "au moins 500 citoyens de l'URSS", notamment des juifs et des Polonais, dans un village de la région de Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine. Face au retentissement du scandale, le président de la Chambre des communes du Canada, Anthony Rota, a démissionné de son poste.

Le président russe Vladimir Poutine avait estimé début octobre qu'il était "absolument dégoûtant" que l'ancien soldat ait été applaudi, notamment par Volodymyr Zelensky, "qui a du sang juif dans les veines". "Le président de l'Ukraine s'est levé et a applaudi un nazi qui a assassiné des Juifs. N'est-ce pas un signe de la nazification de l'Ukraine ?", a-t-il ajouté. Une affaire tombant à point nommé pour le chef du Kremlin, qui accuse régulièrement les dirigeants ukrainiens d'être des "néo-nazis" et a justifié son assaut contre l'Ukraine, entre autres, par la volonté de "dénazifier" son voisin. 

Le comité d'enquête russe a indiqué avoir demandé l'aide du Canada, de la Pologne et de la Biélorussie pour son enquête. Le ministre polonais de l'Éducation avait déjà annoncé demander une enquête pour vérifier si ce vétéran ukrainien n'avait pas commis de crimes en Pologne, en vue de son éventuelle extradition.

Les responsables ukrainiens, de leur côté, n'ont fait aucun commentaire sur cet incident. Quant au gouvernement canadien, il envisage depuis de déclassifier une liste d'anciens collaborateurs présumés du régime nazi ayant immigré dans le pays après la Seconde Guerre mondiale.


M.L (avec AFP)

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