Guyana : excédée par la confiscation de son portable, une adolescente met le feu à son dortoir et fait 19 morts

par M.G avec AFP
Publié le 24 mai 2023 à 10h51, mis à jour le 24 mai 2023 à 11h14

Source : Sujet TF1 Info

L'incendie d'un dortoir scolaire, dimanche au Guyana, a coûté la vie à 19 adolescents.
Selon la police, l'une des élèves, qui avait été privée de son portable, serait à l'origine de ce feu, allumé sous le coup de la colère.

Une sanction aux conséquences dramatiques. Un incendie s'est déclaré dimanche dans un dortoir scolaire du Guyana (un petit pays d'Amérique du Sud coincé entre le Venezuela et le Suriname), faisant 19 morts. Il aurait été allumé par l'une des résidentes, furieuse après la confiscation de son téléphone. "Une élève est soupçonnée d'avoir déclenché l'incendie dévastateur parce que son téléphone portable lui avait été confisqué", a indiqué mardi la police, dans un communiqué. 

"Elles (les élèves) n'ont pas le droit d'avoir de téléphone portable. Ils (les responsables) ont trouvé cette fille avec un téléphone. Elle envoyait apparemment des photos", précise une source gouvernementale qui a requis l'anonymat à l'AFP. Les responsables du dortoir "ont confisqué son téléphone portable et la fille a menacé le soir même de mettre le feu au bâtiment, et tout le monde l'a entendue", ajoute-t-elle. La suspecte aurait reconnu les faits.

Porte fermée, barreaux aux fenêtres et panique fatale

Actuellement hospitalisée sous surveillance policière, la mineure se serait rendue dans la salle de bains, aurait pulvérisé de l'insecticide sur un rideau et y aurait mis le feu avec une allumette, explique cette même source, assurant que plusieurs jeunes filles ont donné la même version des faits. "Selon les élèves, elles dormaient et ont été réveillées par des cris. Elles ont vu du feu, de la fumée dans la salle de bains, qui s'est rapidement propagé dans le bâtiment" construit en partie en bois, indiquent, de leur côté, les forces de l'ordre. 

Pour ne rien arranger, la responsable du dortoir aurait "paniqué" et ne serait pas parvenue à trouver la clé qui ouvrait la porte de sortie du bâtiment, fermée tous les soirs à 21h. Les fenêtres, elles, étaient pourvues de barreaux. Des hommes ont fini par casser la porte pour permettre aux survivantes, dont la responsable de l'incendie, de s'échapper. Les pompiers et la police sont arrivés sur place 25 minutes après le début du sinistre. 

Des tests ADN pour identifier les victimes

Treize jeunes filles et un garçon, celui de la responsable, sont morts sur place. Par ailleurs, cinq autres adolescentes ont succombé à leurs blessures à hôpital du district de Mahdia, une ville minière enclavée où s'est déroulée la tragédie. D'ores et déjà, six autopsies ont été réalisées à la "morgue de l'hôpital et les causes des décès sont l'inhalation de fumées et des brûlures", détaillent les forces de l'ordre. Les 13 autres corps méconnaissables "ont été transportés à Georgetown" pour des "tests ADN" en vue de leur identification, est-il encore mentionné.  

Pays pauvre anglophone de 800.000 habitants, le Guyana, ancienne colonie néerlandaise, puis britannique, dispose d'immenses réserves de pétrole et espère un développement rapide dans les années à venir avec leur exploitation. 


M.G avec AFP

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