Port-au-Prince s'enfonce dans la violence : 89 morts dans des affrontements entre gangs

S.M avec l'AFP
Publié le 14 juillet 2022 à 12h15
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Depuis jeudi, deux gangs s'affrontent à Cité Soleil, commune la plus défavorisée et la plus densément peuplée de la capitale Haïtienne.
La police, en manque de moyens, ne peut pas intervenir.
Des milliers de familles se terrent chez elles, sans pouvoir se ravitailler en eau et nourriture.

Depuis quelques jours, la ville s'est transformée en un champ de bataille sanglant. Au moins 89 personnes ont été tuées, et 16 autres sont portées disparues en une semaine, dans des affrontements entre gangs à Port-au-Prince, capitale d'Haïti. Le bilan partiel de ces violences fait également état de "74 blessés par balle ou à l'arme blanche", a indiqué le Réseau national de défense des droits humains dans un communiqué. 

Depuis jeudi, les rafales d'armes automatiques crépitent à longueur de journée à Cité Soleil, l'aire métropolitaine : deux factions de gangs s'y affrontent, sans que la police, en manque d'hommes et d'équipements, n'intervienne. Des milliers de familles n'ont d'autre choix que de se terrer chez elles, sans pouvoir se ravitailler en eau et nourriture. 

Balles perdues et enlèvements à la chaîne

Certains habitants sont victimes de balles perdues à l'intérieur même de leurs modestes logements, faits de simples tôles, mais les ambulances ne sont pas autorisées à circuler librement dans la zone pour venir en aide aux blessés.  Médecin sans frontières a néanmoins opéré une quinzaine de victimes par jour en moyenne depuis vendredi, dans son hôpital situé à proximité de Cité Soleil. "Le long de la seule route menant à Brooklyn, nous avons rencontré des cadavres en décomposition ou brûlés", a ajouté Mumuza Muhindo, coordinateur de projets de MSF.

Ces affrontements meurtriers entre gangs affectent l'ensemble des activités à travers la capitale, car c'est à Cité Soleil que se situe le terminal pétrolier qui alimente Port-au-Prince et tout le nord d'Haïti. À travers la capitale, les stations-services ne distribuent plus une goutte de carburant, provoquant une flambée des prix au marché noir. Les habitants de la capitale peinent à organiser leurs activités quotidiennes, déjà entravées par le risque d'enlèvement. Depuis plus de deux ans, les gangs multiplient les rapts crapuleux dans la ville, séquestrant des personnes de toute origine socio-économique et de toute nationalité.

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Quantité d'Haïtiens qui le peuvent fuient vers la République dominicaine ou les États-Unis. Beaucoup, n'ayant ni les moyens économiques ni les visas, risquent leur vie en prenant place sur des bateaux de fortune, espérant atteindre la Floride. Nombreux échouent sur les côtes cubaines ou bahaméennes ou sont stoppés en mer par les garde-côtes américains. 


S.M avec l'AFP

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