L'Algérie se soulève contre Bouteflika

Hirak : la chaîne M6 interdite en Algérie après la diffusion d’un documentaire sur le mouvement de protestation

La rédaction de LCI
Publié le 22 septembre 2020 à 12h16
Hirak : la chaîne M6 interdite en Algérie après la diffusion d’un documentaire sur le mouvement de protestation

Source : RYAD KRAMDI / AFP

DISCORDE - Le reportage, présenté dans l’émission "Enquête exclusive", est accusé par les autorités algériennes de "porter un regard biaisé" sur le mouvement de contestation qui a secoué le pays.

Le ministère algérien de la Communication a décidé de "ne plus autoriser" la chaîne de télévision privée française M6 à opérer en Algérie, au lendemain de la diffusion dimanche 20 septembre d'un documentaire sur le mouvement de protestation populaire "Hirak" dans ce pays. 

Dans un communiqué publié lundi soir, le ministère de la Communication accuse ce documentaire - intitulé "L'Algérie, le pays de toutes les révoltes" - de "porter un regard biaisé sur le Hirak" et d'avoir été réalisé par une équipe munie d'une "fausse autorisation de tournage". "Ce précédent nous conduit à décider de ne plus autoriser M6 à opérer en Algérie, sous quelque forme que ce soit", affirme le ministère. 

L’une des protagonistes de l’enquête, Noor, YouTubeuse connue en Algérie, a expliqué lundi sur les réseaux sociaux qu’elle regrettait avoir participé au documentaire et a déploré le manque de professionnalisme de la chaîne française.

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Fausse autorisation de tournage

Présenté dans le cadre de l’émission "Enquête Exclusive", ce reportage de 75 minutes - filmé par moments avec des "caméras discrètes" - expose des témoignages de trois jeunes Algériens sur l'avenir de leur pays, en proie à un soulèvement inédit depuis février 2019. La crise sanitaire a entraîné la suspension des marches du "Hirak" à la mi-mars. Le ministère de la Communication fustige des "témoignages insipides", des "clichés les plus réducteurs" et "une somme d’anecdotes sans profondeur".  Selon le communiqué algérien, "une journaliste franco-algérienne a assuré la réalisation du film, avec l’aide d’un fixeur algérien, munis d’une fausse autorisation de tournage", une infraction "au demeurant sévèrement sanctionnée".

Le ministère promet d'engager des poursuites contre les auteurs du reportage pour "faux en écriture authentique ou publique".  Il "n’est pas fortuit que ces médias, outillés pour exécuter un agenda visant à ternir l’image de l’Algérie et à fissurer la confiance indéfectible établie entre le peuple algérien et ses institutions, agissent de concert et à différents niveaux et supports", estime-t-il.

Un précédent avec France 5

Selon le ministère, M6 avait introduit, le 6 mars 2020, une demande d’accréditation de presse pour les membres de l’équipe de l’émission, en vue du tournage d’un documentaire sur "la valorisation de l’essor économique et touristique de la ville d’Oran, ainsi que le multiculturalisme qui fait la richesse de notre pays". Demande qui a reçu une suite défavorable des services des ministères de la Communication et des Affaires étrangères, précise-t-il.

A noter que la diffusion en mai dernier par la chaîne publique France 5 d’un autre documentaire sur la jeunesse algérienne et le Hirak – Algérie mon amour, du journaliste et réalisateur français d’origine algérienne Mustapha Kessous − avait déclenché une crise diplomatique entre Alger et Paris.


La rédaction de LCI

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