PARTICULES FINES - New Delhi a ordonné ce samedi la fermeture des écoles pour une semaine, en raison de la pollution atmosphérique qui a atteint des niveaux alarmants ces derniers jours.

Alors que la 26e conférence internationale sur le climat organisée à Glasgow en Écosse doit s'achever ce samedi après deux semaines d'âpres discussions, l'Inde fait plus que jamais figure de mauvais élève, malgré son engagement de réduction d'émissions de gaz à effet de serre pour 2030. 

Selon un rapport publié en 2020 par l'organisation suissse IQAir, 22 des 30 villes les plus polluées du monde se situent dans ce pays et New Delhi est la capitale la plus polluée de la planète, tant pour ses émissions de gaz toxiques provenant de l'industrie que pour celles de son trafic routier ou encore des brûlis agricoles qui emplissent l'air chaque hiver. 

Alerte sanitaire

Terrible illustration : ce samedi, les niveaux de particules fines en suspension PM2,5 (les plus dangereuses, au diamètre inférieur à 2,5 microns) dépassaient les 300 microgrammes par mètre cube, soit plus de dix fois la limite quotidienne recommandée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). L'incinération massive de déchets agricoles dans les États voisins, une pratique pourtant interdite par la Cour suprême, et de mauvaises conditions météorologiques expliquent ce pic de pollution qui se traduit par un brouillard épais dans cette capitale de 20 millions d'habitants.

Cette situation a conduit le Conseil central de contrôle de la pollution, qui relève du gouvernement fédéral indien, à lancer une alerte sanitaire. Résultat, "à partir de lundi, les écoles seront fermées pour que les enfants n'aient pas à respirer de l'air pollué", a déclaré à la presse le ministre en chef de la capitale indienne, Arvind Kejriwal. Par ailleurs, les fonctionnaires doivent télétravailler et les entreprises privées ont été invitées à le faire autant que possible. Tandis que les travaux de construction seront arrêtés durant quatre jours, à partir de dimanche, pour cesser les émissions polluantes depuis des sites en plein air. Il a également été demandé aux habitants de "limiter leurs activités en plein air pour minimiser leur exposition".

Plus d'un quart de la pollution atmosphérique de la capitale peut être attribué aux brûlis agricoles, selon un observatoire gouvernemental. Mais les paysans, qui forment un électorat puissant, sont sceptiques quant à leur rôle dans la pollution et se plaignent de ne pas pouvoir changer ces méthodes de culture sans une aide substantielle du gouvernement. Selon la revue médicale The Lancet, la pollution est à l'origine de 1,67 million de décès en Inde en 2019, dont près de 17.500 dans la capitale.


V.F

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