Les dirigeants du G7 ont rendez-vous, jeudi 18 mai, à Hiroshima, au Japon, pour accorder leurs positions sur la Russie et la Chine.
Ils vont discuter jusqu'à la fin de semaine du renforcement des sanctions contre Moscou et de la protection contre la "coercition économique" de Pékin.

Un sommet qui s'annonce tendu. Les chefs d'État et de gouvernement du G7 ont rendez-vous, jeudi 18 mai, à Hiroshima, au Japon, pour faire front uni contre la Russie, près de 15 mois après le début de la guerre en Ukraine, et de s'aligner sur la position à adopter vis-à-vis de la Chine. À l'invitation du Premier ministre nippon, Fumio Kishida, huit pays tiers, parmi lesquels des économies émergentes majeures, dont l'Inde et le Brésil, se joindront à la table des négociations, dans une tentative de les rallier à la cause des membres du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

À Hiroshima, ville anéantie par une bombe atomique américaine, le 6 août 1945, l'invasion russe dominera l'ordre du jour du sommet, avec "des discussions sur l'état du champ de bataille", a affirmé le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan. Selon le haut responsable, les discussions, auxquelles va participer via vidéoconférence le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, devraient se concentrer sur le renforcement des sanctions contre Moscou, qui a entraîné une contraction de l'économie russe au premier trimestre 2023. Les dirigeants devraient évoquer la lutte contre le contournement de ces restrictions, qui permet au président russe, Vladimir Poutine, de continuer à financer son effort de guerre. 

Un monde sans armes nucléaires ?

Les menaces répétées du chef du Kremlin de transformer la guerre en conflit nucléaire ont été condamnées sans appel par les dirigeants du G7 et sont considérées par certains observateurs comme une tentative d'ébranler la détermination des Européens et des Américains. La visite prévue des dirigeants internationaux au parc commémoratif de la paix de Hiroshima, d'où est originaire la famille de Fumio Kishida et où il est lui-même élu, devrait mettre ces menaces en exergue. 

À cette occasion, le Premier ministre japonais souhaite d'ailleurs inciter ses invités, notamment le Royaume-Uni, la France et les États-Unis, qui possèdent ensemble des milliers d'ogives nucléaires, à s'engager à faire preuve de transparence sur leurs stocks et à réduire leurs arsenaux. De nombreux chefs militaires et diplomatiques, dont six anciens chefs d'État, ont également exhorté, mercredi 17 mai, les puissances nucléaires à mettre de côté les tensions et à négocier des mesures de maîtrise des armements. Mais dans un contexte de tensions accrues avec d'autres puissances nucléaires que sont la Russie, la Corée du Nord et la Chine, les espoirs d'avancées dans ce domaine durant ce sommet sont relativement maigres.

Ce n'est "pas un G7 antichinois"

Ce G7 devrait aussi consacrer une large part de ses discussions à la Chine, et en particulier sur les moyens de se protéger d'un éventuel chantage économique de Pékin, dont les ambitions militaires sont croissantes. Il sera question de la production et les chaînes d'approvisionnement, alors que le gouvernement chinois s'est montré disposé à recourir à des entraves au commerce. Pour le conseiller américain à la sécurité nationale, les pays membres devraient dénoncer cette "coercition économique" et s'efforcer de surmonter les divergences transatlantiques sur la position à adopter face au régime de Xi Jinping.

Mais les pays européens, en particulier la France et l'Allemagne, tiennent à s'assurer que l'élimination des risques ne signifie pas la rupture des liens avec la Chine, l'un des plus grands marchés du monde. Ce n'est "pas un G7 antichinois", a insisté l'Élysée en amont du sommet, en souhaitant "un message positif" de coopération "à condition que nous négociions ensemble".


Y.R. avec AFP

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