Annexions, mobilisation... Poutine choisit l'escalade

Invasion russe : l'Otan active ses plans de défense mais "n'a aucune intention de déployer des troupes" en Ukraine

M.L (avec AFP)
Publié le 24 février 2022 à 16h41
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Source : JT 13h Semaine

L'Alliance transatlantique a annoncé l'envoi de troupes supplémentaires sur le territoire de ses pays membres, à l'Est de l'Europe.
Un front sur lequel "des milliers" de soldats sont déjà présents.
L'Ukraine ne faisant pas partie de l'organisation, aucune force ne sera déployée sur place.

Si elle muscle ses forces à l'Est de l'Europe, l'Otan n'a pas prévu d'intervenir en Ukraine pour l'heure. L'organisation transatlantique a activé "ses plans de défense" pour déployer des forces supplémentaires dans les pays alliés de son flanc est, mais "n'a pas de troupes en Ukraine et n'a aucun plan et aucune intention de déployer des troupes dans ce pays", a affirmé son secrétaire général Jens Stoltenberg à l'issue d'une réunion d'urgence des ambassadeurs des pays de l'Alliance. 

"Le moment est grave pour la sécurité en Europe", s'est-il inquiété face un "acte de guerre brutal" contre l'Ukraine, après l'annonce dans la nuit de mercredi à jeudi d'une vaste "opération militaire" dans le pays par Vladimir Poutine. Des frappes aériennes et l'entrée de forces terrestres le long de plusieurs axes ont déjà fait une cinquantaine de morts, dont une dizaine de civils, selon les autorités ukrainiennes. "Nous avons une guerre en Europe", a lancé Jens Stoltenberg, estimant que la Russie "cesser immédiatement et retirer ses troupes"

L'Otan ne défend que ses membres

L'Otan a convoqué "un sommet en visioconférence" vendredi, destiné à "analyser la marche à suivre", a-t-il annoncé. "Nous avons activé les plans de défense afin de pouvoir déployer la capacité de la force de réaction là où ce sera nécessaire", a ajouté le responsable. Il a précisé que l'organisation avait déjà "augmenté" sa présence dans l'Est européen "depuis des semaines", un dispositif qui sera désormais encore davantage renforcé. "Nous avons des milliers de soldats et nous allons envoyer encore plus de forces dans les jours à venir", a annoncé Jens Stoltenberg, mais aucune force ne sera déployée en Ukraine. 

Cette dernière n'est pas membre de l'organisation, bien qu'elle en ait fait la demande. La question était au cœur des vives tensions entre Moscou et les Occidentaux ces derniers mois, Vladimir Poutine refusant catégoriquement qu'un pays membre de l'Otan ne se retrouve à ses frontières.

Selon l'article 5 du Traité de l'Atlantique Nord, traité fondateur de l'organisation signé en 1949, "les parties conviennent qu'une attaque armée contre l'une ou plusieurs d'entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties". Dans ce cas de figure, chaque membre "assistera la partie ou les parties ainsi attaquées" par une action concertée entre les alliés. L'article 5 n'a été jusqu'alors été invoqué qu'une seule fois, pour répondre aux attentats terroristes du 11 septembre 2001 contre les États-Unis.

Des mesures "préventives, proportionnées et non-escalatoires"

Le chef de l'Alliance atlantique a évoqué "l'envoi d'éléments" de la Force de réaction de l'Otan, uniquement dans les pays membres de l'est européen. Elle compte 40.000 soldats et est dotée d'une force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation (VJTF) composée de 8000 militaires, dont 7000 Français, avec une composante aérienne placée actuellement sous commandement français. "Ce déploiement est destiné à prévenir une attaque", a-t-il ajouté, rappelant que "la mission de l'Otan est défensive et nous avertissons que toute attaque contre un allié sera considérée comme une attaque contre tous".

Ces décisions ont été prises suite des consultations tenues jeudi matin en vertu de l'article 4 du traité de Washington, selon lequel les membres de l'Alliance peuvent demander une consultation auprès du Conseil de l'Atlantique Nord "chaque fois que, de l'avis de l'une d'elles, l'intégrité territoriale, l'indépendance politique ou la sécurité de l'une des parties sera menacée". "Nos mesures sont et demeurent préventives, proportionnées et non-escalatoires", précise l'Alliance dans un communiqué.

Sur Twitter, l'Otan a indiqué que "la Bulgarie, de la République tchèque, de l'Estonie, de la Lettonie, de la Lituanie, de la Pologne, de la Roumanie et de la Slovaquie" avaient demandé l'activation de cet article, précisant que c'est la septième fois qu'il est invoqué depuis 1949. Ce fut notamment le cas lors de l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014 : l'Otan avait déployé environ 4500 soldats en Lettonie, en Lituanie, en Estonie et en Pologne et lancé des programmes de coopération avec l'Ukraine. Avant 2014, "il n'y avait pas de troupes alliées dans la partie orientale de l'Alliance", assure celle-ci sur son site.

L'Ukraine soutenue par certains membres, de leur propre initiative

Mais outre l'Alliance, certains pays ont apporté une aide militaire de leur propre initiative à l'Ukraine, qui possède aujourd'hui une armée d'environ 200.000 hommes. Les États-Unis lui ont fourni pour 2,5 milliards de dollars d'aide militaire depuis cette date, dont plus de 400 millions en 2021, et ont prévu de lui verser une aide supplémentaire de 500 millions de dollars. Des soldats américains forment leurs homologues ukrainiens au maniement de l'armement que Washington leur a transmis. 

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Par ailleurs l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont également livré à Kiev des lance-missiles antichars Javelin et des missiles antiaériens Stinger. Le Royaume-Uni, en première ligne aussi en matière d'aide militaire, apporte du matériel et a entraîné 22.000 soldats ukrainiens depuis 2015. L'Union européenne a par ailleurs prévu activer son équipe de réaction rapide aux cyberattaques afin d'aider l'Ukraine.


M.L (avec AFP)

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