Iran : la révolte du voile

Iran : une adolescente tuée dans son école par la police, selon des enseignants

I.N avec AFP
Publié le 20 octobre 2022 à 13h44
JT Perso

Source : TF1 Info

Un syndicat d'enseignants affirme qu'une adolescente iranienne de 15 ans est décédée après avoir été battue par les forces de l'ordre au sein même de son école.
D'après la même source, elle aurait "crié des slogans contre la discrimination et les inégalités" lors d'un "événement idéologique".

Nouveau drame en Iran. D'après un syndicat d'enseignants, Asra Panahi, adolescente iranienne de 15 ans, est décédée le 13 octobre dernier après avoir été battue par les forces de l'ordre lors d'un raid mené dans son école. "Des policiers en civil ont attaqué" son établissement scolaire, la Shahed High School, à Ardabil, une ville du nord-ouest de l'Iran, a indiqué le Conseil de coordination des syndicats d'enseignants.

Les élèves étaient de sortie pour un "événement idéologique" organisé dans un lieu connu pour accueillir des manifestations depuis la mort de Mahsa Amini. Cette Kurde iranienne de 22 ans est décédée le 16 septembre, trois jours après son arrestation par la police des mœurs à Téhéran pour avoir, selon celle-ci, enfreint le code vestimentaire de la République islamique pour les femmes.

La télévision d'État évoque un arrêt cardiaque

Certains des élèves qui ont "crié des slogans contre la discrimination et les inégalités" ont été "victimes de violences et d'insultes par des femmes voilées et habillées en civil", selon un communiqué du syndicat. De retour à l'école, les élèves ont été battus à nouveau, poursuit le texte publié lundi. "Une des élèves, Asra Panahi, est malheureusement décédée à l'hôpital, tandis que d'autres ont été arrêtés", racontent les enseignants, ajoutant que les coups ont plongé un autre élève dans le coma. 

La télévision d'État a diffusé une vidéo de l'oncle de la jeune Asra dans laquelle ce dernier assure que l'adolescente est morte d'un arrêt cardiaque. Cité par le site Didban Iran, Kazem Mousavi, député d'Ardabil, a pour sa part déclaré qu'elle s'était "suicidée en avalant des comprimés".

"Nous appelons les autorités à mettre un terme au meurtre de personnes innocentes"

Ces déclarations ont suscité l'ire de l'ancien footballeur Ali Daei, originaire d'Ardabil, qui a déjà eu des problèmes avec les autorités pour avoir soutenu les manifestations. Sur son compte Instagram, Ali Daei a affirmé ne pas croire aux thèses de l'arrêt cardiaque ou du suicide, les qualifiant de "rumeurs". "Si Ali Daei a des preuves de ce qu'il avance sur la mort de l'écolière d'Ardabil, il devrait les présenter aux responsables concernés le plus tôt possible", a réagi Mizan Online, le site de l'Autorité judiciaire iranienne, qualifiant les propos du footballeur de "fake news".

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Dans un autre communiqué publié le lendemain, les enseignants ont critiqué la décision de l'école d'emmener des élèves à un "événement idéologique" sans le consentement de leurs parents. "Nous appelons les autorités à mettre un terme au meurtre de personnes innocentes et de manifestants sans défense", écrivent-ils également. Au moins 23 enfants ont été tués dans la répression des manifestations par les forces de sécurité iraniennes, selon Amnesty International.


I.N avec AFP

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