Iran : la révolte du voile

Iran : Paris "déplore" la convocation de son ambassadeur à Téhéran

V. Fauroux
Publié le 1 décembre 2022 à 17h20
JT Perso

Source : JT 20h WE

Deux jours après l’adoption, par l’Assemblée, d'une résolution en "soutien au peuple iranien", l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué par les autorités iraniennes.
Une décision fustigée par le Quai d'Orsay qui réitère sa condamnation face à la répression en cours.

La France persiste et signe. Après la convocation de son ambassadeur à Téhéran, Nicolas Roche, au ministère iranien des Affaires Étrangères, elle réitère "sa condamnation la plus ferme de la répression en cours et les atteintes multiples aux libertés fondamentales en Iran", tout en regrettant la décision des autorités iraniennes. "Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères déplore la convocation de l'ambassadeur de France à Téhéran par les autorités iraniennes, le 30 novembre, en réaction à l'adoption par l'Assemblée nationale, le 28 novembre, d'une résolution 'apportant le soutien de l'Assemblée nationale au mouvement pour la liberté en Iran'", indique le Quai d'Orsay dans un communiqué.

Les aspirations des manifestantes et des manifestants à plus de liberté et au respect de leurs droits sont légitimes et doivent être entendues.

Quai d'Orsay

Lors de cette réunion avec l'ambassadeur de France, l'Iran a élevé une "vive protestation contre les accusations sans fondement" des autorités françaises et a condamné "les interventions inacceptables de ce pays", avait indiqué l'agence Irna mercredi soir. L'Assemblée nationale française a adopté à l'unanimité lundi une résolution en "soutien au peuple iranien"

Le texte "condamne avec la plus grande fermeté la répression brutale et généralisée" à l'égard "des manifestants non violents", "dénonce l'usage de la torture" et "affirme son soutien au peuple iranien dans son aspiration à la démocratie et au respect de ses droits et libertés fondamentales". 

En outre, il "demande la libération immédiate" des sept ressortissants français "détenus arbitrairement" dans ce pays. Durant la séance, la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna a fustigé le "recours massif du régime iranien à la détention arbitraire, à la censure, à la violence". "Face aux aspirations légitimes des femmes et des hommes iraniens, c'est la répression qui s'abat", a-t-elle dit. Ce jeudi, le Quai d'Orsay "réaffirme que les aspirations des manifestantes et des manifestants à plus de liberté et au respect de leurs droits sont légitimes et doivent être entendues".

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La répression des manifestations déclenchées en Iran par la mort le 16 septembre de la jeune Mahsa Amini après son arrestation par la police des mœurs a fait au moins 448 morts, avait indiqué mardi 29 novembre un groupe de défense des droits humains. Ce bilan ne comprend que les citoyens tués dans la répression et non les membres des forces de sécurité. Sur les 448 personnes dont le décès a été confirmé, 60 étaient âgés de moins de 18 ans, dont neuf filles, et 29 femmes, selon l'ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège. 


V. Fauroux

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