Iran : la peine de mort, dernière arme du pouvoir pour mettre fin à la contestation

TG
Publié le 10 janvier 2023 à 17h08

Source : JT 20h WE

La justice iranienne a condamné mardi à la peine capitale un homme pour son implication présumée dans les manifestations.
Au total, 18 personnes sont dans le même cas, selon un décompte établi par l'AFP à partir d'annonces officielles.

Mohammad Mehdi Karami a été pendu à Téhéran, samedi 7 janvier, aux côtés de Seyyed Mohammad Hosseini. Le crime de ces deux hommes, âgés de 22 ans et 39 ans ? Avoir battu le pavé, comme des dizaines de milliers d'autres Iraniens depuis septembre dernier, pour réclamer une évolution des mœurs dans leur pays. Les deux condamnés à mort ne sont plus des cas isolés : depuis un mois, les cas se multiplient.

Dernier exemple en date ? Le cas de Javad Rouhi. Ce mardi, il a été condamné pour avoir été "le meneur d'un groupe d'émeutiers" à Noshahr (nord) et avoir "incité et encouragé les citoyens à l'émeute", a affirmé Mizan Online. Le verdict du tribunal précise qu'il sera pendu notamment pour "corruption sur terre", "apostasie par profanation du Coran en le brûlant" et "destruction et incendie de biens publics". 

Au moins 109 prisonniers passibles de la peine de mort

Un même sort a été réservé selon Mizan Online, l'agence du pouvoir judiciaire, à Saleh Mirhashemi, Majid Kazemi et Saïd Yaghoubi. Ces trois hommes sont accusés d'être impliqués dans la mort de trois membres des forces de l'ordre lors de manifestations dans la province centrale d'Ispahan le 16 novembre 2022. Ils ont été reconnus coupables lundi de "moharebeh (guerre contre Dieu en persan)", et condamnés à mort.

Le premier de cette sombre liste fut Mohsen Shekari. Âgé de 23 ans, il avait été reconnu coupable début décembre de s'être battu et d'avoir dégainé "son arme avec l'intention de tuer, de provoquer la terreur et de troubler l'ordre et la sécurité de la société". Le média en ligne 1500tasvir avait publié des images de ce qu'il a présenté comme le moment où la famille Shekari a appris la nouvelle de l'exécution devant sa maison à Téhéran. Elles montrent une femme se tordant de douleur et criant maintes fois "Mohsen !"

Au total, le nombre de personnes condamnées à la peine capitale en lien avec la contestation s'élève à 18, selon un décompte établi par l'AFP à partir d'annonces officielles. Parmi elles, quatre ont été exécutées. Malgré le tollé international suscité, d'autres pourraient suivre : au moins 109 manifestants, actuellement en détention, font face à des accusations passibles de la peine de mort, a indiqué lundi le groupe Iran Human Rights (IHR). Selon cette ONG, nul doute sur l'objectif du pouvoir : "En prononçant des condamnations à mort et en exécutant certains manifestants, elles (les autorités) veulent que les gens rentrent chez eux".

L'Iran exécute davantage de condamnés que n'importe quel autre pays, excepté la Chine, selon Amnesty International. Plus de 500 personnes y ont été exécutées en 2022, d'après IHR.


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