Iran : la révolte du voile

Iran : la sœur du guide suprême Khamenei dénonce un régime "despotique"

Léa LUCAS avec AFP
Publié le 8 décembre 2022 à 7h15
JT Perso

Source : JT 20h WE

La sœur de l'ayatollah Ali Khamenei brave tous les dangers en le dénonçant publiquement.
Dans une lettre publiée ce mercredi, elle reproche à son frère de "ne pas écouter le peuple".
Badri Hosseini Khamenei dit même espérer "le renversement de ce pouvoir tyrannique".

Un acte courageux. La sœur du guide suprême de la République islamique d'Iran a dénoncé ce mercredi un régime "despotique" et a apporté son soutien au mouvement de contestations. "Je m'oppose aux actions de mon frère" Ali Khamenei, a écrit Badri Hosseini Khamenei dans une lettre publiée sur internet par son fils basé en France, Mahmoud Moradkhani. "J'exprime ma sympathie envers les mères qui pleurent les crimes commis par le régime de la République islamique depuis l'époque (de son fondateur l'ayatollah Rouhollah) Khomeiny jusqu'à la période actuelle du califat despotique d'Ali Khamenei".

Invoquant des problèmes de santé l'empêchant de prendre part aux protestations qui secouent le pays depuis le 16 septembre, elle s'en est pris à son frère qui "n'écoute pas la voix du peuple". Elle a aussi appelé le puissant corps des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, à "rejoindre le peuple avant qu'il ne soit trop tard".

"Ma préoccupation a toujours été et sera toujours le peuple iranien, en particulier les femmes", a-t-elle continué dans sa publication, accusant le régime de n'apporter "rien d'autre que de la souffrance et de l'oppression (...) aux Iraniens".  "Le peuple iranien mérite la liberté et la prospérité, et son soulèvement est légitime et nécessaire pour faire valoir ses droits", a encore indiqué Badri Hosseini Khamenei, disant même espérer - au péril de sa vie puisqu'elle se trouverait toujours en Iran -, "le renversement de ce pouvoir tyrannique". 

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Pour rappel, l'Iran est le théâtre de manifestations réprimées dans le sang entre des milliers de femmes sans voile dans les rues, rapidement rejoints par les hommes, et les forces de l'ordre. A l'origine de cet embrasement national ? Le décès de Mahsa Amini le 16 septembre. La Kurde iranienne de 22 ans, arrêtée trois jours plus tôt, a été accusée de ne pas respecter le port du voile imposé aux femmes en public par la police des mœurs. L'institution aurait été abolie le 3 décembre, selon le procureur général iranien, Mohammad Jafar Montazeri. Cette révolte a fait au moins 448 morts, selon l'ONG Iran Human Rights (IHR). 


Léa LUCAS avec AFP

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