Selon son avocat, le Français détenu en Iran depuis trois ans, a été blanchi des charges d'espionnage et de propagande qui pesaient contre lui.
Il reste toutefois en prison, une décision illégale.
Il devrait même être rejugé, en juin prochain, pour les mêmes charges.

Il a bien cru pouvoir retrouver sa liberté. Selon son avocat, le Français Benjamin Brière, détenu depuis trois ans en Iran, a été blanchi par la justice iranienne le 15 février dernier. Détenu depuis trois ans dans la prison de Vakilabad de Machhad (nord-est), ce touriste de 37 ans avait été arrêté en mai 2020 alors qu'il manipulait un drone de loisir dans un parc naturel du nord-est du pays. En janvier 2022, un tribunal révolutionnaire l'avait condamné à huit ans et huit mois de prison pour "espionnage" et "propagande" contre la République islamique.

Mais en février, retournement de situation : la Cour suprême iranienne annule sa condamnation. Le 15, le tribunal d'appel de la province du Khorasan Razavi (nord-est) le blanchi même de toutes les charges qui pesaient contre lui. Selon Le Point, le président du tribunal aurait même présenté ses excuses auprès de l'avocat du Français pour "l'erreur" qu'aurait constitué son arrestation.

"Situation totalement ubuesque"

Le lendemain du verdict, la Cour ordonne "sa libération immédiate", mais le Français, en grève de la faim depuis le 28 janvier, "n'a pas été libéré par les Gardiens de la Révolution qui le maintiennent emprisonné", selon son avocat français Me Philippe Valent. Une "situation totalement ubuesque", pour le conseil et la famille de Benjamin Brière. "Au dernier moment, il a été bloqué in extremis" et reste incarcéré à la prison de Vakilabad à Mashad, a expliqué Me Valent en dénonçant "une violence psychologique inouïe" à l'égard du prisonnier et de sa famille. "Nous réclamons le respect par le régime iranien des décisions de justice", a-t-il ajouté.

"On est dans l'incompréhension totale", a pour sa part déclaré à l'AFP Blandine Brière, qui a pu parler à son frère dimanche dernier. "Il est dans un ascenseur émotionnel", a-t-elle dit, expliquant que la famille n'avait pas rendu publique la décision de justice dans l'espoir que la situation se débloquerait.

Ce nouveau rebondissement dans l'affaire Benjamin Brière illustre l'aspect politique des étrangers arrêtés en Iran. De nombreuses ONG dénoncent, en effet, depuis des années la "diplomatie des otages" menée par la République islamique. Au nom de cette stratégie, que Téhéran a toujours démentie, le pays est accusé de détenir des étrangers, majoritairement binationaux, pour tenter par ce biais d'arracher des concessions de l'Occident sur des dossiers sensibles en cours. Au total, six Français sont détenus en Iran, il était sept début février. La chercheuse Fariba Adelkhah, a été libérée le 10 février après trois ans et demi de prison, mais ignore si elle a recouvré tous ses droits, notamment celui de quitter l'Iran. 


A.B. avec AFP

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