Iran : le Français Benjamin Brière condamné à 8 ans de prison pour espionnage

Antoine Llorca
Publié le 25 janvier 2022 à 14h34, mis à jour le 25 janvier 2022 à 17h49
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Détenu depuis plus d'un an et demi, Benjamin Brière est accusé d'accusations d'espionnage et de propagande contre le régime.
Il a débuté une grève fin décembre.
Sa famille en appelle le gouvernement français pour permettre son rapatriement.

Une condamnation lourde pour cet "otage" occidental. Le Français Benjamin Brière a été condamné à 8 ans de prison pour espionnage. Il a été en outre condamné à huit mois de prison supplémentaires pour "propagande" contre le régime iranien, a précisé son avocat, Me Philippe Valent, dans un communiqué transmis à l'AFP.

Arrêté en mai 2020, ce Français de 36 ans, qui s'est toujours présenté comme un touriste, a été arrêté pour avoir pris "des photographies de zones interdites" avec un drone de loisir dans un parc naturel en Iran. Il est détenu dans la prison de 

Valikabad, à Mashhad (nord-est) et est en grève de la faim depuis fin décembre pour protester contre ses conditions de détention. Il avait comparu jeudi dernier devant un tribunal à Mashhad.

Un "otage politique"

"Benjamin Brière n'a évidemment pas - ni jamais - bénéficié d'une forme de procès équitable devant des juges impartiaux. Pour rappel, il n'a bénéficié d'aucun droit à se défendre, d'aucun accès aux éléments de l'accusation, aucune possibilité de préparer et présenter une défense devant les juges du tribunal révolutionnaire", a ajouté son avocat, en s'alarmant de l'état de santé du jeune homme. "La famille de Benjamin Brière en appelle aujourd'hui aux autorités françaises afin que les mesures soient prises immédiatement pour permettre son rapatriement", a-t-il ajouté.

Blandine Brière, la sœur du Français, a estimé pour sa part que son frère était un "otage politique". "Il est clair que c'est un procès politique utile pour l'Iran, qui envoie un message au gouvernement français", a-t-elle déclaré à l'AFP. "On n'est rien face à ça, on se sent comme des pions dans un jeu diplomatique", a-t-elle ajouté.

"Une condamnation inacceptable"

"Cette condamnation, que rien ne permet d'étayer, est inacceptable", a déclaré le ministère des Affaires étrangères français, précisant que Benjamin Brière avait décidé de faire appel de cette décision.

L'Iran retient plus d'une douzaine de détenteurs de passeports occidentaux, pour la plupart des binationaux, ce que des ONG condamnent comme une politique de prise d'otages destinée à obtenir des concessions des puissances étrangères. Le Français est le seul occidental connu détenu en Iran à ne pas avoir de passeport iranien.


Antoine Llorca