Iran : le Français Benjamin Brière jugé ce jeudi pour "espionnage" et "propagande"

La rédaction de LCI
Publié le 20 janvier 2022 à 7h42
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Source : TF1 Info

PROCÈS - Détenu depuis un an et demi en Iran, Benjamin Brière sera jugé jeudi pour "espionnage" et "propagande contre le régime". Le Français de 36 ans avait été arrêté alors qu'il utilisait un drone dans un parc naturel du pays.

Il risque la peine de mort. Benjamin Brière, un Français détenu en Iran depuis plus d'un an et demi comparaîtra jeudi devant un tribunal révolutionnaire pour y répondre d'accusations d'espionnage et de propagande contre le régime, a annoncé ce mercredi son avocat dans un communiqué.

Arrêté en mai 2020, il avait entamé fin décembre une grève de la faim pour protester contre ses conditions de détention et se trouve aujourd'hui "très affaibli", selon Me Philippe Valent. "Ils sont une vingtaine, voire une trentaine dans une cellule où du coup, il n'y a pas d'intimité, etc. Ses codétenus sont aussi des condamnés à mort pour certains, donc il y a une atmosphère très difficile à vivre", détaillait sa sœur, Blandine Brière, à TF1 en décembre. 

Arrêté pour avoir utilisé un drone dans un parc naturel

Benjamin Brière va comparaître "après plus d'un an et demi de détention, sans avoir accès ni au dossier d'accusation, ni à aucun droit élémentaire à se défendre. À bout de forces, il ne connaît rien non plus des conditions dans lesquelles va se tenir cette audience", dénonce son avocat.

Âgé de 36 ans, le Français s'est toujours présenté comme un touriste et dément les accusations d'espionnage. Il a été arrêté pour avoir pris "des photographies de zones interdites" avec un drone de loisir dans un parc naturel en Iran. "Benjamin prenait des photos au drone de son voyage comme un touriste qui veut prendre des photos pour son joli compte Instagram et donner des nouvelles à sa famille. Ça s’arrête là", assurait à TF1 sa sœur en mai dernier. Il est détenu dans la prison de Valikabad, à Mashhad (nord-est).

"Benjamin Brière a toujours nié avec vigueur l'absurdité des accusations à son encontre, il n'est ni un espion, ni une menace pour la sécurité intérieure iranienne et ne l'a jamais été", a assuré Me Valent, ajoutant que son client espérait "une déclaration d'innocence et un rapatriement en France afin de pouvoir se reconstruire, physiquement et psychologiquement". Il va comparaître "après plus d'un an et demi de détention, sans avoir accès ni au dossier d'accusation, ni à aucun droit élémentaire à se défendre. À bout de forces, il ne connaît rien non plus des conditions dans lesquelles va se tenir cette audience", a-t-il poursuivi

Benjamin Brière, prisonnier politique ?

L'Iran retient plus d'une douzaine de détenteurs de passeports occidentaux, pour la plupart des binationaux, ce que des ONG condamnent comme une politique de prise d'otages destinée à obtenir des concessions des puissances étrangères. Benjamin Brière est le seul occidental connu détenu en Iran à ne pas avoir de passeport iranien.

La chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah est détenue depuis juin 2019 et a été condamnée en mai 2020 à cinq ans de prison pour atteintes à la sécurité nationale. Aux arrêts domiciliaires depuis octobre 2020, elle a été réincarcérée mi-janvier, accusée par la justice iranienne d'avoir enfreint les règles de son assignation à résidence. Son compagnon Roland Marchal, également chercheur, avait été détenu avec elle avant d'être libéré en mars 2020, après que Paris eut libéré l'ingénieur iranien Jallal Rohollahnejad, dont les États-Unis réclamaient l'extradition pour violation des sanctions américaines contre l'Iran.

"C’est la méthode habituelle qui consiste à accuser des citoyens étrangers d’espionnage contre le régime iranien, de les détenir et de s’en servir comme monnaie d’échange", assurait Me Valent à TF1 en mai 2021. Au cours des dernières années, la République islamique a procédé à plusieurs échanges de détenus avec des pays étrangers.

L'Iran et plusieurs pays (France, Royaume-Uni, Allemagne, Russie, Chine, plus les États-Unis de manière indirecte) ont relancé en novembre les pourparlers pour sauver l'accord de 2015 ("JCPOA"), censé empêcher Téhéran de se doter de l'arme atomique, un dossier particulièrement brûlant et scruté dans toute la région.


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