Iran : la révolte du voile

Manifestations en Iran : un opposant au régime exécuté, France et Allemagne condamnent

A.B. avec AFP
Publié le 8 décembre 2022 à 12h35, mis à jour le 8 décembre 2022 à 13h39
JT Perso

Source : JT 20h WE

Un homme a été exécuté, jeudi 8 décembre, en Iran.
Il était accusé d'avoir blessé un paramilitaire après avoir bloqué la circulation sur une avenue de Téhéran.
Il s'agit de la première exécution dans le pays en lien avec les manifestations anti-régime.

Il pourrait devenir un symbole de la répression du pouvoir iranien contre les manifestations. Selon Mizan Online, l'organe du pouvoir judiciaire en Iran, un homme a été exécuté, jeudi 8 décembre au matin, accusé d'avoir blessé un paramilitaire après avoir bloqué la circulation sur une avenue de Téhéran. "Mohsen Shekari, un émeutier qui avait bloqué le 25 septembre le boulevard Sattar Khan et poignardé avec une machette un Bassidj, a été exécuté jeudi matin à Téhéran", précise l'agence.

Il s'agit de la toute première exécution d'un citoyen liée aux manifestations anti-régime qui secouent l'Iran depuis la mort de la jeune Masha Amini, en septembre dernier, trois jours après avoir été contrôlée et interpellée par la police des mœurs pour une infraction au code vestimentaire très strict de la République islamique.

Un "outil de répression politique"

Selon la version publiée par l'organe du pouvoir judiciaire en Iran, Mohsen Shekari, exécuté ce 8 décembre, était accusé d'être un "ennemi de Dieu" et d'avoir voulu tuer un Bassidj, un membre de la milice du même nom liée aux Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique. Des faits qu'il aurait avoués, selon Mizan Online, ayant expliqué : "Ali (son complice, ndlr) m'a donné une machette et m'a dit si tu frappes un agent de sécurité, je te paierai bien". Le Bassidj, de son côté, a assuré qu'il l'avait "attaqué et blessé à l'épaule" alors qu'il lui demandait pourquoi il bloquait la circulation.

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Mardi, la justice iranienne a prononcé la peine capitale à l'encontre de cinq personnes pour avoir tué un paramilitaire lors des manifestations, portant à onze le nombre de condamnations à mort. Selon Amnesty, au moins 28 personnes, dont trois mineurs, pourraient être exécutées en lien avec la contestation. Dans un communiqué publié le 2 décembre dernier, l'ONG accuse les autorités d'utiliser la peine de mort comme "un outil de répression politique dans le but d'instiller la peur parmi la population et de mettre fin" à la contestation.

Au total, plus de 2000 personnes ont été inculpées, dont la moitié à Téhéran, depuis le début des manifestations, selon les chiffres officiels de la justice iranienne. Le Conseil suprême de la sécurité nationale a indiqué samedi que "plus de 200 personnes" incluant civils et forces de sécurité, avaient été tuées. Un général des Gardiens de la Révolution avait lui fait état avant de plus de 300 morts.

Vives condamnations internationales

La France a exprimé jeudi sa "condamnation la plus vive" après l'exécution de cet homme. "Cette exécution vient s'ajouter à d'autres violations graves et inacceptables", a ajouté la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Anne-Claire Legendre, lors d'un point-presse.

"Le mépris du régime iranien pour l'humanité est sans limites", a dénoncé de son côté la ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock. Cet homme "a été jugé et exécuté dans le cadre d'un procès perfide et expéditif parce qu'il n'était pas d'accord avec le régime", s'est-elle indignée sur Twitter. "Mais la menace d'exécution n'étouffera pas la volonté de liberté des gens."


A.B. avec AFP

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