Israël et le Hamas : pourquoi on ne parle pas de "guerre"

Le service METRONEWS
Publié le 28 juillet 2014 à 18h10
Israël et le Hamas : pourquoi on ne parle pas de "guerre"

DECRYPTAGE - Depuis que les hostilités ont repris il y a trois semaines entre Israël et le Hamas, les médias hésitent sur le choix des mots pour qualifier les événements meurtriers à Gaza. "Guerre" et "conflit" reviennent le plus souvent. Lequel choisir pour être le plus juste possible ? Metronews fait le point.

Après 21 jours de combats dans la bande de Gaza, 1037 Palestiniens et 46 Israéliens ont été tués. Mais la presse, les associations et les politiques divergent dans le choix des termes pour qualifier ces drames. Pour certains, l'utilisation du mot "conflit" sous-estimerait l'offensive israélienne. D'autres refusent d'évoquer une "guerre" parce que l'Etat palestinien n'est pas reconnu. Alors, quel terme doit-on utiliser pour parler le plus justement possible des hostilités en cours à Gaza ? Explications.

Les différents dictionnaires n'ont pas la même définition pour qualifier la "guerre". Selon le Larousse , c'est "une lutte armée entre Etats", alors que pour Hachette , c'est un "conflit armé entre des nations, des Etats, des groupes humains" et, pour le petit Robert , une "lutte armée entre groupes sociaux et spécialement entre Etats". Comment faire pour trouver LA définition ? Selon la plupart des experts,  il faut se référer aux textes qui régissent les conflits internationaux.

Pourquoi l'ONU évoque-t-elle des "crimes de guerre" ?

"En réalité, le mot guerre n’est pas assez précis sur un plan légal", nous explique Thomas Lanson, chercheur à l’IRIS et spécialiste des questions de défense. " Les règles relatives à ces questions sont le droit international humanitaire, constitué principalement par les Conventions de Genève (créées à l’initiative de la Croix-Rouge), il faut donc se référer à ses textes", ajoute-t-il. En fait, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) parle de "conflit armé international", qui implique des combats entre Etats, ou "non international" quand ce n'est pas le cas. "Le terme 'guerre' n'est qu'un terme générique souvent utilisé médiatiquement. La Palestine n'étant pas reconnue, nous parlons donc d'un conflit non international", confirme auprès de metronews Nada Doumani, porte-parole du CICR.

En effet, depuis 1977, le "conflit armé non international" définit des hostilités armées "intenses" et "organisées" dans lesquelles "l'une au moins des parties impliquées n'est pas gouvernementale". Dans tous les cas néanmoins, les principes humanitaires s'appliquent aux différents acteurs. "Ils doivent respecter la proportion dans l'usage de la force et distinguer les civils des militaires", précise la porte-parole du CICR. Thomas Lanson conclut : "Parler de conflit armé non international, c'est aussi politique. Cela rassure en effet Israël, car cela signifie que la Palestine n'est toujours pas reconnue en tant qu' Etat".

Mais si les combats qui opposent le Hamas à Israël constituent un conflit armé non international, pourquoi l'ONU a-t-elle accusé mercredi l'Etat hébreu de "possibles crimes de guerre" ? "Le crime de guerre n'est pas lié au type de conflit. Il est établi dès lors que l'un des acteurs viole les principes humanitaires de la convention de Genève, comme l'usage disproportionné de la force ou l'absence de distinction entre les civils et les militaires", éclaire Jean-Vincent Brisset , directeur de recherche à l’IRIS. Reste à se mettre d'accord sur la notion d'"usage disproportionné"...


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