Silvio Berlusconi s'est livré dimanche à une attaque en règle contre le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
La Première ministre Giorgia Meloni a critiqué cette prise de position.

"Moi parler avec Zelensky ? Si j'avais été président du Conseil, je n'y serais jamais allé". Silvio Berlusconi a taclé dimanche le président ukrainien, lui reprochant sa politique dans le Donbass. Une prise de position aussitôt critiquée par la Première ministre italienne.

Interrogé sur la rencontre jeudi à Bruxelles entre Giorgia Meloni et Volodymyr Zelensky, il a répondu : "Moi parler avec Zelensky ? Si j'avais été président du Conseil, je n'y serais jamais allé". Il a ensuite exposé ses motifs : "Il suffisait qu'il (M. Zelensky) cesse d'attaquer les deux républiques autonomes du Donbass et tout cela ne serait pas arrivé, par conséquent, je juge très très négativement le comportement de ce monsieur".

Le gouvernement réaffirme son "ferme soutien" à Kiev

Dimanche, ses déclarations prorusses avaient à peine fait la une des sites d'information que le gouvernement publiait un communiqué pour réaffirmer le "ferme soutien" de l'Italie à l'Ukraine. "Le soutien du gouvernement italien à l'Ukraine est ferme et convaincu, comme cela est clairement prévu dans le programme et comme cela a été confirmé par tous les votes parlementaires de la majorité soutenant l'exécutif", y affirme-t-il.

L'opposition de gauche, par la voix du sénateur du Parti démocrate (PD) Dario Parrini, est, elle aussi, montée au créneau pour critiquer les "énièmes déclarations pro-Poutine et anti-Ukraine de Berlusconi". "Nous sommes une anomalie absolue : ni l'Allemagne, ni la France, ni l'Espagne ou le Portugal n'ont dans leur majorité gouvernementale des dirigeants politiques ayant des positions aussi délirantes", a-t-il déploré sur Facebook.

Si Silvio Berlusconi, 86 ans, s'en prend au président ukrainien, c'est aussi en raison de ses liens avec Moscou. Ami intime du président russe Vladimir Poutine lorsqu'il était au pouvoir, l'ancien dirigeant n'en est pas à sa première déclaration polémique sur le conflit en Ukraine, même s'il s'est fait plus silencieux depuis la victoire aux élections de septembre de la coalition réunissant son parti Forza Italia, la Ligue de Matteo Salvini et la formation Fratelli d'Italia de Mme Meloni. En septembre, Silvio Berlusconi avait provoqué un tollé en estimant que Vladimir Poutine avait été "poussé" par sa population et les forces prorusses du Donbass à envahir l'Ukraine.


T.G.

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