Visite d'Emmanuel Macron à Rome : la communauté de Sant'Egidio ou la "diplomatie de l'ombre" du Vatican

Aurélie Loek avec AFP
Publié le 23 octobre 2022 à 13h02
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Emmanuel Macron se rend à Rome dimanche et lundi pour assister, sur fond de guerre en Ukraine, à un sommet pour la paix organisé par la communauté catholique italienne de Sant'Egidio.
Celle-ci est devenue au fil des années une experte en négociations de paix et joue aujourd'hui le rôle de bras diplomatique informel du Vatican.

"La petite ONU du Trastevere" : c'est le surnom dont a hérité la communauté catholique italienne de Sant'Egidio, du nom de ce quartier de Rome où elle est installée depuis 1973. Celle-ci organise dimanche, et durant trois jours, un forum international pour la paix à Rome, auquel Emmanuel Macron a été invité à faire le discours d'ouverture, sur fond de guerre en Ukraine.

Car au-delà d'une action sociale menée d'abord à Rome avant de s'étendre partout dans le monde, cette discrète communauté de laïcs s'est aussi peu à peu imposée comme l'un des canaux de la "diplomatie de l'ombre" du Saint-Siège.

Un vaste réseau partout dans le monde

Créée en 1968 par le fils d'un banquier, Andrea Riccardi, et un groupe d'étudiants, cette communauté entame son action dans les bidonvilles romains, où elle sert des repas aux pauvres et travaille à l'intégration des migrants ou des marginaux. Au fil du temps, ses champs d'action s'élargissent et s'internationalisent. La communauté lançant des programmes d'assistance en Afrique, en Amérique latine ou encore en Asie grâce à une vaste armée de bénévoles. 

Cette présence internationale assortie d'un puissant réseau a permis à Sant'Egedio de peu à peu "travailler pour la paix". Des délégations sont reçues à Rome tandis qu'elle-même en a envoyé aux quatre coins du monde, développant au fil du temps une expertise en négociations de paix. Elle fait ainsi irruption sur la scène internationale en 1992 avec la signature d'un accord de paix au Mozambique, qui met fin à 16 ans de guerre civile entre le pouvoir et la rébellion.

L'unique intérêt qui guide Sant'Egidio est l'intérêt pour la paix

Mauro Garofalo, responsable des relations internationales de la communauté

Au cours des dix dernières années, les quelques dizaines de "diplomates" de Sant'Egidio multiplie les intermédiaires en Guinée, au Niger, en République centrafricaine, au Tchad ou encore au Soudan du Sud... À chaque fois, il s'agit d'offrir "des possibilités de dialogue à des pays en difficulté, soit politique, soit institutionnelle", explique à l'AFP Mauro Garofalo, responsable des relations internationales de la communauté.

Lire aussi

"L'unique intérêt qui guide Sant'Egidio est l'intérêt pour la paix, il n'y a pas d’intérêts politiques, économiques ou stratégiques", souligne encore Mauro Garofalo. "En ce sens, elle se présente comme un acteur patient, flexible, disponible à l'écoute même pour de longues périodes, à l'inverse des dynamiques habituelles de la médiation internationale."

L'invitation d'Emmanuel Macron à participer à son sommet de la paix, réuni tous les ans depuis 1986, témoigne aussi des relations proches que le chef de l'État partage avec la communauté, et notamment son fondateur, Andrea Riccardi. Le Romain de 72 ans est encore aujourd’hui le principal visage de Sant'Egedio et a noué une relation de confiance avec le président français, qui l'a reçu à l'Élysée en 2020 puis en juin dernier.


Aurélie Loek avec AFP

Tout
TF1 Info