Etats-Unis : entrée en vigueur dans l'Iowa de la loi la plus restrictive du pays sur l'avortement

La rédaction de LCI
Publié le 4 mai 2018 à 23h15
Etats-Unis : entrée en vigueur dans l'Iowa de la loi la plus restrictive du pays sur l'avortement

Source : AFP / Saul Loeb

L'essentiel

DROIT A L'IVG - Après avoir été adoptée mercredi, la loi sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG) la plus contraignante des Etats-Unis en termes de période possible d'intervention - dès la sixième semaine - est entrée en vigueur ce vendredi dans l'Etat de l'Iowa. Ses détracteurs lui reprochent le fait que nombre de femmes n'ont  pas encore conscience d'être enceintes à un stade aussi peu avancé de la grossesse.

C'est la loi la plus contraignante du pays en matière d'IVG. Après que les législateurs - en grande majorité républicains - de l'Iowa, aux Etats-Unis, ont approuvé mercredi 2 mai une loi interdisant l'avortement à partir du moment où les battements du cœur sont détectés, c'est-à-dire possiblement aux alentours de la sixième semaine de grossesse, la gouverneure de l'Etat a promulgué le texte ce vendredi. 

Si des exceptions sont rendues possibles dans les cas où la femme a été violée, victime d'inceste, ou bien encore si ses jours sont en danger, ce texte constitue pour ses détracteurs une entrave au droit à l'IVG, qui empêcherait des femmes de recourir à l'avortement alors même qu'elles ne se savent pas encore enceintes. 

Donald Trump, un allié des anti-IVG ?

À peine entrée en vigueur que, déjà, on anticipe une grande bataille devant les tribunaux, au niveau fédéral. En effet, les partisans de ce texte souhaitent que soit saisie la Cour suprême des Etats-Unis, qui a légalisé l'avortement dans le pays en 1973, afin de généraliser la mesure de manière nationale. 

Or, les partisans d'un mouvement anti-avortement ont bon espoir : Donald Trump a été le premier président américain à s'exprimer depuis la Maison Blanche en soutien à leur "Marche pour la vie" annuelle à Washington, en janvier dernier. Ils espèrent ainsi que Donald Trump aura un jour l'opportunité de nommer au moins un juge conservateur supplémentaire à la Cour suprême, faisant ainsi basculer l'équilibre de la plus haute instance judiciaire américaine sur cette épineuse question.

Ramener les femmes "un demi-siècle en arrière"

Jusqu'ici, la Cour suprême a toujours fait barrage : elle avait par exemple rejeté en 2016 des recours du Dakota du Nord et de l'Arkansas, après l'annulation par des tribunaux locaux de législations similaires sur les battements cardiaques. De son côté, L'ACLU, puissante association de défense des droits civiques, avait condamné mercredi l'adoption du projet de loi, estimant qu'il allait ramener "les femmes de l'Iowa près d'un demi-siècle en arrière". 

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"Tout ce que nous pouvons dire pour l'instant, c'est que nous avons combattu cette législation à chaque étape du processus et nous regrettons qu'elle soit allée si loin", avait ainsi expliqué à l'AFP Veronica Fowler, porte-parole de l'ACLU en Iowa.