Javier Milei, le fantasque ultralibéral devenu président de l'Argentine

Javier Milei élu président d'Argentine : la santé mentale du nouveau chef d'État au cœur des débats

par T.G.
Publié le 20 novembre 2023 à 16h44, mis à jour le 20 novembre 2023 à 16h49

Source : Quotidien, première partie

L'économiste ultralibéral Javier Milei a été élu dimanche à la présidence argentine, et ce, malgré une tempête émaillée de critiques sur sa santé mentale.
Notamment depuis une interview catastrophe à la télévision, en fin de campagne.

"La différence entre un génie et un fou est le succès". Cette petite phrase, Javier Milei l'a répétée plusieurs fois ces derniers mois. Une manière de botter en touche face aux critiques de l'opposition qui a tout tenté pour déstabiliser sa campagne présidentielle. En vain. Le "Trump de la pampa" est devenu, dimanche, le nouveau président de l'Argentine. Malgré les craintes sur sa santé mentale.

Si son profil atypique a su séduire la majorité des électeurs, guère refroidis par son look de rocker ou la tronçonneuse qu'il a souvent amenée sur la scène de ses meetings afin de symboliser ses futures coupes budgétaires, c'est son "instabilité émotionnelle" qui a fait polémique durant la dernière ligne droite.  En particulier depuis le 26 octobre.

"C'est une personne toujours prête à exploser"

"Est-ce que je peux vous demander que les chuchotements cessent derrière la caméra ? C'est très difficile de vouloir s'exprimer quand autant de gens parlent comme cela", lance durant une interview le candidat, visiblement troublé par des bruits sur le plateau. Sauf que lui seul semble les entendre. "Si je fais une erreur dans mon raisonnement, on va me détruire publiquement. Et personne ne dira qu'il y avait derrière moi des murmures qui me tuent", poursuit alors Javier Milei, devant un journaliste interloqué.

Depuis cette entrevue confuse, le contenu de son programme a cédé le pas aux doutes sur sa santé. "Tout le monde commence à se demander réellement si Milei va bien", lance un présentateur sur la chaîne Canal 5 Noticias (C5N), réputée proche du péronisme. "Il n'est pas stable psychologiquement", renchéri une autre journaliste sur la même chaine. "Plusieurs groupes de psychologues s'interrogent publiquement sur son équilibre émotionnel", lance un autre journaliste. Par exemple, Oscar Mangioni.  Invité en plateau, ce psychologue l'a reconnu. "Je ressens la même chose que lorsque je fais face à certains patients à risque. C'est une personne toujours prête à exploser."

Certains de ses alliés politiques lui ont même demandé de temporiser. "On a besoin qu'il se calme. Je n'ai pas envie de devenir responsable de sa boite à pilules", a demandé le sénateur Luis Juez.

Dimanche 12 novembre, le ministre de l'Économie Sergio Massa a tenté de profiter de cette séquence compliquée pour son rival ultralibéral. Durant le débat de l'entre-deux-tours, il a attaqué devant les caméras la personnalité de Javier Milei, lui reprochant d'être "agressif", et d'avoir refusé de passer un test psychotechnique qu'il suggérait pour les deux candidats. "Les Argentins doivent élire quelqu'un qui a les capacités, le calme, le lien avec la réalité et l'équilibre mental", a fustigé Sergio Massa. Réponse de Milei : "Ah parce que toi, tu l'as ?".

Ceux qui ont suivi de près la carrière de Milei estiment que cette réputation lui colle à la peau depuis des années. "Le surnom d'"El Loco" ("le fou"), ce n'est pas moi qui le lui donne, mais ses camarades de l'école Cardenal Copello", a expliqué Juan Luis González, auteur de la biographie du candidat intitulée… "El Loco". 

Malgré les critiques, celui qu'on surnomme aussi le "lion" a remporté son pari. Prochaine étape pour Javier Milei  : refaire de l'Argentine "une puissance mondiale", selon ses termes.


T.G.

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