Biden et Harris à la Maison Blanche

Les États-Unis rendent férié le jour de l’abolition de l’esclavage

La rédaction de LCI
Publié le 18 juin 2021 à 6h33
Opal Lee, une militante de 94 ans, s'entretient avec le président américain Joe Biden après avoir signé la loi Juneteenth le 17 juin 2021 à Washington.

Opal Lee, une militante de 94 ans, s'entretient avec le président américain Joe Biden après avoir signé la loi Juneteenth le 17 juin 2021 à Washington.

Source : DREW ANGERER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP

RACISME - Le président américain Joe Biden a promulgué jeudi une loi créant un nouveau jour férié fédéral, le "Juneteenth", pour commémorer l'émancipation des derniers esclaves au Texas il y a 156 ans, le 19 juin 1865.

Le symbole est important dans cette Amérique encore marquée par les violences raciales. Conscient des fractures qui divisent son pays, le président américain Joe Biden a promulgué, jeudi, une loi pour commémorer l'émancipation des derniers esclaves au Texas il y a 156 ans, le 19 juin 1865. Pour cela, un nouveau jour férié fédéral, le "Juneteenth" a vu le jour. Ce dernier marque "à la fois la longue et difficile nuit de l'esclavage et de la soumission, et la promesse d'un jour meilleur", a-t-il dit lors de la cérémonie à la Maison Blanche aux côtés de sa vice-présidente Kamala Harris, d'origine indienne et jamaïcaine.

L'esclavage, officiellement aboli en décembre 1865 après près de 250 ans d'existence, est une "tache morale" et "le péché originel de l'Amérique", a martelé le président démocrate. Dans un moment d'unité politique qui n'existe quasiment plus désormais à Washington, le Sénat avait approuvé à l'unanimité mardi le texte de loi consacrant la "Journée nationale de l'indépendance du Juneteenth", contraction de "juin" et "19" en anglais, puis la Chambre des représentants l'avait adopté à une majorité écrasante, seuls 14 élus républicains votant contre.

Plus concrètement, que s'est-il passé le 19 juin 1865 ? L'armée de l'Union, victorieuse de la guerre de Sécession (1861-1865), avait annoncé aux esclaves de la ville texane de Galveston qu'ils étaient libres, plus de deux ans après la Proclamation d'émancipation signée par le président Abraham Lincoln le 1er janvier 1863. L'esclavage a été aboli en décembre 1865, avec l'adoption du 13e amendement de la Constitution.

Un jour déjà férié dans la majorité des États américains

Mais, a-t-il souligné, l'émancipation des esclaves était "seulement le début" des efforts pour "tenir la promesse de l'égalité raciale". "Nous n'y sommes pas encore", a dit Joe Biden, alors que la minorité noire (13% de la population) subit encore des discriminations en matière d'emploi, de logement ou encore de santé, malgré les avancées de la lutte pour les droits civiques dans les années 1960.

Plusieurs États conservateurs ont récemment adopté des lois électorales restrictives. Censées lutter contre la fraude, elles sont accusées de limiter l'accès aux urnes des électeurs afro-américains, qui votent majoritairement démocrate. Ce jour férié est réservé aux employés du gouvernement fédéral jugés non-essentiels, mais le "Juneteenth" est déjà férié dans la majorité des États américains où la journée est généralement célébrée par des défilés, des concerts ou des fêtes de quartier.

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Plusieurs grandes entreprises comme Twitter, Nike ou Lyft en ont fait un jour chômé pour leurs salariés après la mort de George Floyd, un Afro-Américain tué par un policier blanc le 25 mai 2020 à Minneapolis. Son meurtre a déclenché une vague historique de colère mondiale contre le racisme.

Depuis la mort de George Floyd, le pays s'est penché sur son passé esclavagiste et les appels déjà anciens à indemniser les Noirs pour les torts subis à travers l'Histoire ont pris une nouvelle force. Joe Biden soutient un texte législatif visant à créer une commission d'experts chargés de faire des propositions sur l'indemnisation des descendants des quelque quatre millions d'Africains amenés de force aux États-Unis entre 1619 et 1865


La rédaction de LCI

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