Ukraine : onze mois de guerre

Kiev frappée, le G7 veut intensifier la pression sur Moscou... Le point sur la situation en Ukraine

Benoit Leroy (avec AFP)
Publié le 27 juin 2022 à 6h20
JT Perso

Source : TF1 Info

Une personne est morte et six autres ont été blessées dans une frappe russe sur Kiev, dimanche matin.
Cela faisait plusieurs semaines que la capitale ukrainienne n'avait plus été visée par des missiles.
Les faits marquants de ces 24 dernières heures.

Le quotidien (à nouveau) heurté par la guerre. Alors que la ville a repris un semblant de vie normale depuis plusieurs semaines, la capitale ukrainienne Kiev a été la cible, dimanche 26 juin, de missiles russes pour la première fois depuis des semaines. Et ce, quelques heures seulement avant le début de la réunion des pays du G7, en Bavière (Allemagne). Ceux-ci doivent mettre sur pied de nouvelles sanctions contre le régime de Vladimir Poutine.

Le retour de la guerre à Kiev

Un mort et plusieurs blessés. Selon plusieurs journalistes de l'AFP, quatre missiles ont touché un quartier d'habitations proche du centre-ville de Kiev. Sur le plan humain, une personne est décédée à la suite de ses frappes et six autres ont été blessées, selon Vitali Klitschko, maire de la capitale. Quatre d'entre elles ont été admises à l'hôpital, d'après l'édile. Il s'agit d'"intimider les Ukrainiens (...) à l'approche du sommet de l'Otan", une organisation honnie par la Russie, a-t-il poursuivi, quelques jours avant le sommet de l'Alliance atlantique, du 28 au 30 juin à Madrid.

Moscou nie tout bombardement volontaire. Selon le ministère russe de la Défense, la "cible" de ces missiles était l'usine d'armement Artiom, "en tant qu'infrastructure militaire". Quant aux dégâts sur les immeubles résidentiels, la Défense russe les impute à la défense anti-aérienne ukrainienne. Par ailleurs, un député ukrainien - Oleksiï Gontcharenko - avait affirmé sur Telegram que les Russes avaient tiré 14 missiles sur Kiev et sa région. "Une partie des missiles a été abattue. Mais seulement une partie", a souligné le président Zelensky

De plus en plus de frappes en dehors des zones de combats. Entre samedi et dimanche, plus de 50 frappes ont été recensées près de Kiev, Khmelnytskyï, Lviv (ouest), Tcherniguiv (nord), Mykolaïv (sud), Kharkiv (nord-est) et dans la région de Dniepropetrovsk (centre). Des bombardements qualifiés "d'anormaux" par l'Institut américain pour l'étude de la guerre (ISW). Ceci étant, ces frappes permettent surtout à la Russie de rappeler à l'armée russe et aux Occidentaux que l'armée de Vladimir Poutine peut toucher l'ensemble du territoire ukrainien

Le Donbass sur le point de tomber

Les Russes s'emparent de Severodonetsk. Dans l'est de l'Ukraine, la ville stratégique de Severodonetsk, véritable verrou pour le contrôle de cette partie du pays, est tombée aux mains des Russes. Ceux-ci ont, par ailleurs, déjà pénétré dans la cité voisine de Lyssytchansk. "Pour autant, ce n'est qu'un des défis que la Russie devra relever pour occuper l'ensemble de la région", estime le ministère britannique de la Défense, qui souligne la volonté russe d'"avancer sur le centre majeur de Kramatorsk et de sécuriser les voies d'approvisionnement"  de Donetsk.

Au nord et à l'ouest, la pression ne diminue pas. Le ministère russe de la Défense a déclaré, dimanche, avoir frappé trois centres d'entraînement militaires dans le nord et l'ouest avec des "armes de haute précision des forces aérospatiales russes et des missiles (de croisière) Kalibr". Selon les officiels russes, un centre d'entraînement ukrainien de la région de Lviv a été visé, à une trentaine de kilomètres de la frontière polonaise.

Au moins 4.500 civils tués. À ce jour, il n'existe aucun bilan exhaustif des victimes civiles de la guerre en Ukraine. Selon le dernier décompte de l'ONU, au moins 4.500 civils auraient été tués et 5.500 blessés. Un "chiffre probablement beaucoup plus élevé", prévient-elle. Sur le plan militaire, des sources de sécurité occidentales parlent de 15.000 à 20.000 soldats russes tués. Les forces ukrainiennes perdent chaque jour une centaine d'hommes, selon Kiev. Aucune statistique indépendante n'est disponible.

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L'or russe banni des échanges mondiaux

L'or russe bientôt coupé des marchés. Les pays du G7 ont mis en avant, dimanche, leur volonté de bannir les importations d'or russe, déjà coupées du très important marché londonien. Selon le président américain Joe Biden, cette interdiction va "priver la Russie de milliards de dollars". Cette nouvelle sanction, dont l'entrée en vigueur n'a pas été précisée, doit encore être validée par les autres pays du groupe. La Russie est le troisième pays producteur d'or au monde, derrière la Chine et l'Australie. Les exportations de ce métal précieux représentent environ 15 milliards d'euros par an, principalement vers les pays du G7.

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Londres avertit Paris. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a mis en garde le président français Emmanuel Macron contre la tentation d'une solution négociée "maintenant" au risque de prolonger "l'instabilité mondiale", selon Downing Street. Les deux dirigeants "ont convenu (...) qu'il était possible de renverser le cours de la guerre". Contrairement à Emmanuel Macron, Boris Johnson refuse tout dialogue avec le président russe Vladimir Poutine, qu'il a qualifié de "dictateur", depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine fin février.


Benoit Leroy (avec AFP)

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