L'AEIA prévient : "Ce n'est qu'une question de temps" avant que l'Iran accumule suffisamment d'uranium enrichi pour une bombe

CQ avec AFP
Publié le 6 juin 2022 à 17h07, mis à jour le 6 juin 2022 à 17h20
L'AEIA prévient : "Ce n'est qu'une question de temps" avant que l'Iran accumule suffisamment d'uranium enrichi pour une bombe

Source : JOE KLAMAR / AFP

Le conseil des gouvernements de l'Agence internationale de l'énergie atomique s'est ouvert à Vienne, lundi.
Son directeur a prévenu que l'Iran pourrait prochainement détenir suffisamment d'uranium enrichi pour une bombe.
Récemment, des traces de cet élément ont été repérées sur trois sites non déclarés dans le pays.

L'accord de Vienne sur le nucléaire iranien, signé en 2015, parait bien loin. Alors que s'est ouvert, ce lundi 6 juin à Vienne, le conseil des gouverneurs de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique, rattachée à l'ONU), son directeur a rapidement donné le ton. En effet, selon Rafael Grossi, la République islamique dispose désormais de 43,1 kg d'uranium enrichi à 60%. Des données qui inquiètent : le directeur de l'AIEA a prévenu que "ce n'est qu'une question de temps" avant qu'elle n'accumule une quantité suffisante pour une bombe. 

Évoquant "quelques semaines tout au plus", Rafael Grossi a estimé que le pays était en deçà du "breakout time" d'environ un an prévu par l'accord de 2015. Par ailleurs, les étapes ultérieures d'armement, qui "prendraient encore une à deux années", pourraient être "difficiles à détecter", note de son côté Kelsey Davenport, experte de l'Arms Control Association, interrogée par l'AFP qui souligne "l'urgence de réimposer des limites" et de rétablir le régime d'inspections poussées de l'AIEA.

"Violation flagrante des résolutions"

Rafael Grossi a également déploré que l'Iran n'apporte pas non plus "d'explications techniquement crédibles" après que des traces d'uranium enrichi ont été retrouvées par son agence dans trois sites iraniens non déclarés.

Ici, le directeur de l'AIEA reprend les conclusions d'un rapport de l'agence sur les activités de l'Iran : Téhéran ne délivre aucune réponse satisfaisante et n'a pas informé l'ONU des "emplacements actuels des matières nucléaires et/ou des équipements contaminés par des matières nucléaires". D'après Rafael Grossi, "la poursuite du programme nucléaire est une violation flagrante des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l'ONU et est profondément regrettable".

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C'est pourquoi le responsable a enjoint les parties prenantes à agir : "J'espère qu'à l'issue des délibérations du Conseil cette semaine, nous nous engagerons à résoudre le problème une fois pour toutes". Au programme cette semaine : le vote d'une résolution, préparée par les États-Unis et l'E3 (Royaume-Uni, France et Allemagne) et qui exhorte l'Iran à "coopérer pleinement" avec l'AIEA. Un tel vote pourrait "entraver" les pourparlers de Vienne, ont souligné la Chine et la Russie, qui restent parties au texte aux côtés de l'E3. Téhéran a, de son côté, dénoncé une initiative "non constructive".


CQ avec AFP

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