Affaire des sous-marins : une crise inédite entre la France, l'Australie et les États-Unis

L'Australie n'a "quasiment aucune chance" d'obtenir les sous-marins américains dont elle rêvait

A.B.
Publié le 22 juillet 2022 à 15h41
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Source : JT 20h WE

Selon un nouveau rapport, l'Australie n'a pratiquement aucune chance d'obtenir un sous-marin dans le cadre du programme actuel des États-Unis.
En octobre dernier, le Royaume-Uni avait déjà averti qu'il ne pourrait pas, non plus, lui fournir ces engins.
Un coup dur pour Canberra après l'annulation du contrat avec la France.

L'Australie ne parvient plus à se dépêtrer de ses histoires de sous-marins. En effet, selon un rapport d'experts, Canberra n'a pratiquement "aucune chance" d'obtenir un sous-marin dans le cadre du programme actuel des États-Unis, le pays ayant déjà du mal à répondre à ses propres besoins. Un coup dur alors que l'Australie avait annulé, en 2021, un méga-contrat avec la France pour bénéficier de ses sous-marins dernière génération.

Canberra avait ensuite signé l'accord Aukus, qui prévoyait l'achat d'au moins huit sous-marins aux États-Unis et au Royaume-Uni. Mais Washington est confronté à des problèmes de coûts de construction, en forte hausse en raison de la tension sur les composants et les matières premières. Par ailleurs, le rapport publié par le Congrès américain pointe une pénurie de pièces de rechange pour les appareils, des retards de maintenance pour les bateaux existants ainsi qu'un manque de main d'œuvre dans les chantiers navals. Des situations provoquées, notamment, par la pandémie de Covid et la guerre en Ukraine.

Une facture salée

Ainsi, la perspective pour l'Australie de bénéficier de sous-marins avant 2040 s'éloigne. D'autant que la filière britannique a confirmé qu'elle ne pourrait pas, non plus, répondre à la demande de Canberra comme le gouvernement l'espérait. Ainsi, Marcus Hellyer, analyste principal à l'Australian Strategic Policy Institute, explique au Guardian que la "seule façon" pour l'Australie d'obtenir un sous-marin à propulsion nucléaire d'ici 2030 serait que les États-Unis lui donnent "un de leurs propres bateaux".

Selon l'analyste, tout sous-marin acheté par l'Australie fera probablement partie de la prochaine génération de bâtiments américains, qui ne seront mis en vente qu'au milieu des années 2030 et qui devraient coûter bien plus cher que les actuels. Une nouvelle donne qui pourrait coûter près de 171 milliards de dollars à l'Australie, chaque modèle coûtant au moins trois milliards de dollars australiens de plus que le modèle actuel.

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Un véritable coup dur pour Canberra qui doit faire face à la mise à la retraite de ses sous-marins en 2040 et risque de ne pas trouver de remplaçants avant cette date. Dernière solution pour le pays : mettre à niveau ses Collins pour qu'ils restent opérationnels plus longtemps que prévu. Mais cette éventualité ferait aussi grimper la facture : le coût de la remise à flot de ces bateaux vieillissants est estimé à plus de six milliards de dollars australiens, soit environ quatre milliards d'euros.

Des coûts à ajouter aux 555 millions d'euros que doit verser l'Australie à l'industriel français Naval Group après la très polémique rupture de contrat pour la livraison de 12 sous-marins par l'Hexagone.


A.B.

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