Gaza : une trêve précaire entre en vigueur entre Israël et le Jihad islamique

Samuel Azemard avec AFP
Publié le 7 août 2022 à 17h04, mis à jour le 8 août 2022 à 6h29
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Source : JT 13h WE

L'Égypte a appelé à une trêve à partir de dimanche soir entre Israël et le groupe armé palestinien Jihad islamique.
Des sirènes d'alerte se sont néanmoins déclenchées dimanche soir dans des localités du sud d'Israël proches de la bande de Gaza.
Le bilan des frappes depuis vendredi est monté à 44 morts dont des enfants.

La pire confrontation entre l'État hébreu et le Jihad islamique depuis mai 2021 va-t-elle s'interrompre ? Le groupe armé palestinien Jihad islamique a annoncé, dimanche 7 août, avoir accepté un accord de trêve avec Israël, après la mort de 44 Palestiniens dont des enfants dans des raids israéliens sur la bande de Gaza en trois jours d'hostilités. Une trêve plus que fragile : des sirènes d'alerte se sont déclenchées dimanche soir dans des localités du sud d'Israël proches de la bande de Gaza.

"L'Égypte appelle l'ensemble des parties à un cessez-le-feu à compter de dimanche 23h30 locales" dans la bande de Gaza, a déclaré un responsable égyptien sous couvert d'anonymat. Juste après, le Jihad islamique a indiqué dans un communiqué qu'il "cesserait les hostilités" à partir de cette heure-là conformément à l'appel égyptien, mais a "souligné (son) droit de répondre à toute (nouvelle) agression" israélienne.

Le calme aura été de courte durée : l'armée israélienne a affirmé dimanche avoir mené des frappes sur des positions du Jihad islamique à Gaza, quelques minutes après l'entrée en vigueur de la trêve. "Des sirènes ont retenti dans le secteur adjacent de la bande de Gaza", a également rapporté l'armée dans un court communiqué.

la plus grave confrontation

Samedi, l'armée israélienne avait déclaré mener des raids durant "une semaine" dans la bande de Gaza. Un porte-parole militaire avait indiqué que l'armée "se préparait à une opération d'une semaine" et qu'elle "ne mène pas actuellement de négociations en vue d'un cessez-le-feu". 

Cette escalade intervient après l'arrestation, lundi, d'un chef du Jihad islamique en Cisjordanie occupée, Bassem Saadi. Les autorités israéliennes craignaient des attaques en représailles en provenance de la bande de Gaza, enclave contrôlée par les islamistes du Hamas où le Jihad islamique est bien implanté. L'armée israélienne a affirmé avoir lancé vendredi une "attaque préventive" contre le Jihad islamique, tuant plusieurs de ses combattants et "neutralisant" ses principaux chefs militaires à Gaza, Tayssir Al-Jabari et Khaled Mansour. 

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Le Jihad islamique a estimé de son côté que "l'ennemi a déclenché une guerre contre notre peuple et nous devons collectivement nous défendre et défendre notre peuple, nous ne permettrons pas à la politique de notre ennemi de saper notre résistance". Ils ont ainsi annoncé avoir tiré "plus de 100 roquettes" depuis la bande de Gaza vers Israël. Comme 97% des 585 projectiles lancés depuis Gaza, elles ont été interceptées par le bouclier antimissile, d'après l'armée israélienne. 

Depuis le début vendredi de l'opération israélienne dans Gaza, "44 Palestiniens sont tombés en martyrs dont 15 enfants" et "360 ont été blessés", selon un dernier bilan du ministère de la Santé du Hamas. 

L'Égypte, médiateur historique

En mai 2021 déjà, des affrontements entre Israël et des organisations armées de Gaza avaient fait en onze jours 260 morts côté palestinien et 14 morts en Israël, dont un soldat, d'après les autorités locales. La trêve avait alors été négociée par Le Caire, premier pays arabe à avoir signé la paix avec Israël dès 1979 et parrain régulier des discussions entre groupes palestiniens.


Samuel Azemard avec AFP

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