L'imam Iquioussen expulsé au Maroc par la Belgique

V. F.
Publié le 13 janvier 2023 à 21h21, mis à jour le 14 janvier 2023 à 7h13

Source : JT 20h WE

La Belgique a expulsé ce vendredi 13 janvier l'imam marocain Hassan Iquioussen vers le Maroc.
Ce prédicateur du nord de la France avait été arrêté le 30 septembre à Mons après son expulsion de France pour des "propos incitant à la haine et à la discrimination".

L'imam marocain Hassan Iquioussen a été expulsé ce vendredi vers Casablanca au Maroc par la Belgique après la délivrance jeudi d'un laissez-passer par les autorités marocaines, a annoncé Me Lucie Simon, son avocate française à l'AFP. Ce prédicateur du nord de la France était jugé indésirable "sur le sol européen" après des "propos incitant à la haine et à la discrimination".

La secrétaire d'État belge à l'Asile et la Migration, Nicole de Moor, s'est félicitée de "la bonne coopération" avec la France sur ce dossier, en confirmant le renvoi de l'intéressé vers le Maroc. "Nous ne pouvons pas permettre à un extrémiste de se promener sur notre territoire. Toute personne qui n'a pas le droit d'être ici doit être renvoyée", a commenté Mme de Moor, citée dans un communiqué. "Gérald Darmanin s’était beaucoup impliqué auprès de ses homologues sur ce sujet. C'est une grande victoire contre le séparatisme", a de son côté commenté l'entourage du ministre français de l'Intérieur.

Une fuite en Belgique

Fin juillet, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait annoncé l'expulsion de France d'Hassan Iquioussen, lui reprochant "un discours prosélyte et porteur d'une vision de l'islam contraire aux valeurs de la République". Mais l'imam était introuvable au moment où l'arrêté d'expulsion avait été définitivement validé par le Conseil d'État le 31 août. Il avait fui en Belgique francophone où il avait été arrêté dans la région de Mons le 30 septembre.

Hassan Iquioussen avait ensuite été placé en centre fermé près de Liège (est) à la mi-novembre pour séjour illégal, visé par un ordre de quitter le territoire belge après l'échec de la procédure du mandat d'arrêt européen lancée par la France. Il contestait la perspective de son expulsion et avait multiplié les recours. 

Son avocate française Lucie Simon s'est étonnée vendredi soir de la "volte-face" du Maroc, qui avait refusé l'été dernier à la France le laissez-passer consulaire permettant l'éloignement de l'imam dans son pays d'origine. "Je suis surprise de la volte-face des autorités marocaines et j’estime que la vie de M. Iquioussen est en France", a réagi Me Lucie Simon, soulignant que les avocats n'ont pas été informés de la délivrance du document consulaire. "Nous attendons le jugement sur le fond du Tribunal administratif de Paris, si l'arrêté d'expulsion (français) était annulé, la France devra assurer son retour", a-t-elle ajouté.


V. F.

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