Au lendemain d'une nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites marquée par une série d'incidents, l'Iran appelle ce vendredi la France à "écouter la voix de (son) peuple et éviter de faire usage de violence à son égard".
Une réplique aux critiques de Paris face à la répression exercée par Téhéran lors des manifestations consécutives à la mort de Mahsa Amini.

"Vous devriez écouter" votre peuple "au lieu de créer le chaos dans d'autres pays". Au lendemain de la 9e journée de protestations contre la réforme des retraites, émaillée de graves incidents dans les cortèges de plusieurs villes, dont Paris et Bordeaux, l'Iran a appelé, vendredi 24 mars, la France à éviter la violence contre les manifestants. Plus de 450 personnes ont été interpellées et "441 policiers et gendarmes" blessés, jeudi 23 mars, a annoncé le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, au cours de cette journée marquée par les violences les plus graves depuis le début du mouvement en janvier.

"Le gouvernement français doit parler à son peuple"

"Le gouvernement français doit parler à son peuple et écouter sa voix", a lâché le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Nasser Kanani, dans un tweet, relayant une vidéo des heurts. "Nous ne soutenons pas les destructions ni les émeutes, mais nous maintenons qu'au lieu de créer le chaos dans d'autres pays, vous devriez écouter la voix de votre peuple et éviter de faire usage de violence à son égard." Une allusion aux critiques exprimées à l'étranger, y compris par la France, face à la répression exercée par Téhéran lors des manifestations qui ont suivi la mort en détention de Mahsa Amini, le 16 septembre 2022, après avoir été arrêtée pour infraction au strict code vestimentaire imposé aux femmes dans la République islamique.

Plusieurs centaines de personnes, y compris des dizaines de membres des forces de sécurité, ont été tuées et des milliers d'autres arrêtées lors de ces manifestations, qualifiées par les autorités iraniennes "d'émeutes" fomentées par Israël et les pays occidentaux. L'Union européenne, comme les États-Unis et le Royaume-Uni, ont imposé plusieurs séries de sanctions contre Téhéran pour la répression de la contestation, menée en particulier par des femmes. "Ceux qui sèment le vent récoltent la tempête", a affirmé le représentant iranien. "Cette sorte de violence contredit le fait de donner aux autres des leçons de morale".


Y.R. avec AFP

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