La France dénonce une manœuvre turque "extrêmement agressive" en Méditerranée

Maxence GEVIN
Publié le 17 juin 2020 à 15h42
La frégate française Montcalm croise la frégate turque Salihreis au large des côtes françaises lors d'un exercice en 2005

La frégate française Montcalm croise la frégate turque Salihreis au large des côtes françaises lors d'un exercice en 2005

Source : ERIC ESTRADE / AFP

INTERNATIONAL - Un navire français, assigné à une mission de l'Otan en Méditerranée, aurait fait l'objet d'une manœuvre "extrêmement agressive" de la part de frégates turques selon le ministère des armées.

Nouvelle montée des tensions entre France et Turquie ? Le ministère des armée français a dénoncé une affaire "très grave". Des manœuvres "extrêmement agressive" de la part de frégates turques auraient été entreprises vis-à-vis d'un navire français en mission pour l'Otan en Mer Méditerranée. Alors qu'il cherchait à identifier un cargo suspecté de transporter des armes vers la Libye, le bâtiment a fait l'objet de trois "illuminations radar" de la part d'un des navires turcs. 

Un acte considéré comme hostile, "extrêmement agressif qui ne peut pas être l'acte d'un allié vis à vis d'un navire de l'Otan". Le ministère des Armées a rajouté : "Cette affaire est à nos yeux très grave (...). On ne peut pas accepter qu'un allié se comporte comme cela, fasse cela contre un navire de l'Otan sous commandement Otan menant une mission Otan." 

Tensions croissantes

Cette situation intervient dans un contexte où les ministres de la Défense de l'alliance Atlantique se réunissent ce mercredi. Paris a prévenu que la ministre des armées allait "mettre les points sur les i" lors de cette réunion sur "l'attitude turque dans le conflit libyen". 

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Ces derniers jours les relations franco-turques se sont tendues. Le chef de la diplomatie française avait d'ailleurs fustigé lundi dernier le "soutien militaire croissant" de la Turquie au GNA (gouvernement d'union libyen, reconnu par l'Onu, NDLR) en "violation directe de l'embargo des Nations unies". Il a souligné qu'il s'agissait là d'un interventionnisme "inacceptable". De son côté, Ankara s'est défendu en rejetant les accusations et en accusant la France de faire "obstacle à la paix".

Depuis la chute du régime Kadhafi en 2011, le chaos règne en Libye où deux factions s'opposent. D'un côté le GNA de Fayez al-Sarraj et de l'autre les forces dissidentes du maréchal Khalifa Haftar, soutenues notamment par l'Egypte et la Russie. Les conflits sur ce territoire ont déjà causé des centaines de morts. Des milliers d'autres ont aussi choisi de s'exiler et ont fui, entre autres vers les pays frontaliers et l'Europe. 


Maxence GEVIN

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