La justice britannique annule en appel le refus d'extrader Julian Assange vers les États-Unis

La rédaction de LCI
Publié le 10 décembre 2021 à 12h09
Des soutiens de Julian Assange brandissent des pancartes devant la La Haute-Cour de Londres le 10 décembre 2021, alors qu'elle doit se prononcer sur l'appel américain contre le refus de l'extrader.

Des soutiens de Julian Assange brandissent des pancartes devant la La Haute-Cour de Londres le 10 décembre 2021, alors qu'elle doit se prononcer sur l'appel américain contre le refus de l'extrader.

Source : Niklas HALLE'N / AFP

JUSTICE - Alors que les craintes concernant un éventuel suicide de Julian Assange sont plus vives que jamais, la Haute-Cour de Londres a annulé ce vendredi en appel le refus d'extrader vers les États-Unis le fondateur de Wikileaks.

La Haute-Cour de Londres a annulé ce vendredi en appel le refus d'extrader vers les États-Unis le fondateur de Wikileaks Julian Assange. La cour "autorise l'appel" formé par les États-Unis, a déclaré le juge Tim Holroyde, ce qui signifie que la décision de première instance est annulée et que la justice britannique devra de nouveau statuer sur la demande d'extradition américaine.

Il y a près d'un an, la juge britannique Vanessa Baraitser s'était opposée à la remise de l'Australien de 50 ans aux autorités américaines, invoquant le risque de suicide du fondateur de Wikileaks.

"Nous sommes véritablement soulagés", réagit Me Antoine Vey, avocat de Julian AssangeSource : TF1 Info
JT Perso

Une peine pouvant aller jusqu'à 175 ans de prison

Les États-Unis reprochent à Julian Assange d'avoir diffusé, à partir de 2010, plus de 700.000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, en particulier en Irak et en Afghanistan. Poursuivi notamment pour espionnage, il risque jusqu'à 175 ans de prison, dans une affaire qui représente, selon ses soutiens, une attaque gravissime contre la liberté de la presse.

Julian Assange se trouve sous le coup de poursuites lancées sous la présidence de Donald Trump. Sous son prédécesseur Barack Obama, qui avait Joe Biden pour vice-président, la justice américaine avait renoncé à poursuivre le fondateur de WikiLeaks.

Des garanties américaines insuffisantes face à "un grand risque de suicide"

Incarcéré dans une prison de haute-sécurité près de Londres, Julian Assange a été arrêté par la police britannique en avril 2019 après avoir passé sept ans dans l'ambassade londonienne d'Équateur, où il s'était réfugié alors qu'il était en liberté sous caution. Il craignait alors une extradition vers les États-Unis ou la Suède, où il faisait l'objet de poursuites pour viol, depuis abandonnées.

Lors de l'audience en appel au sujet de son extradition, qui s'est tenue sur deux jours fin octobre, les États-Unis ont cherché à rassurer sur le traitement qui serait réservé au fondateur de Wikileaks. L'avocat représentant le gouvernement américain, James Lewis, avait assuré qu'Assange ne serait pas incarcéré au redouté centre pénitentiaire ADX Florence, dans le Colorado, surnommé l'"Alcatraz des Rocheuses", où sont détenus à l'isolement quasi-total des membres d'Al-Qaïda.

La justice américaine s'assurerait que le fondateur de Wikileaks reçoive les soins cliniques et psychologiques nécessaires et qu'il puisse demander à purger sa peine en Australie, avait-il affirmé, soulignant que ces assurances diplomatiques sont "une question solennelle", "on ne les distribue pas comme des Smarties".

L'avocat de Julian Assange, Edward Fitzgerald, avait quant à lui rétorqué que les assurances américaines ne changent rien, et que subsiste "un grand risque de suicide quelles que soient les mesures" qui seraient prises. Selon son psychiatre, il souffrirait de "dépression sévère" et de "symptômes psychotiques", dont des hallucinations auditives. 

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Le mois dernier, Stella Moris, la compagne de Julian Assange avec qui il a eu deux enfants lorsqu'il était reclus à l'ambassade d'Equateur, a annoncé que le couple avait reçu l'autorisation de se marier à la prison de Belmarsh où l'Australien est détenu.


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