Menace sur le pétrole russe, pas de répit pour les combats... Le point sur la situation en Ukraine

ER avec AFP
Publié le 28 décembre 2022 à 7h32, mis à jour le 28 décembre 2022 à 8h29

Source : JT 20h Semaine

L'armée ukrainienne continue de repousser les soldats russes à l'est du pays au prix d'intenses combats.
Mardi, le Kremlin a annoncé l'arrêt des livraisons aux pays de l'UE et du G7 ayant adopté le plafonnement du prix de son pétrole.
Retour sur les faits marquants des 24 dernières heures.

Dix mois après le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février dernier, le conflit ne montre aucun signe d'apaisement, sur le terrain comme sur la scène internationale. Le bombardement du marché de Noël de Kherson le jour du réveillon a envoyé un énième signal d'un Kremlin sans pitié. Malgré l'absence de répit, les forces ukrainiennes ne faiblissent pas et continuent de repousser l'armée russe dans l'est. Le ministre de la Défense français se rend à Kiev en signe de soutien ce mercredi 28 décembre, alors que Vladimir Poutine vient d'annoncer l'arrêt des livraisons de pétrole aux pays ayant adopté le mécanisme de plafonnement des prix de l'Union européenne, du G7 et de l'Australie. 

Prix du pétrole : la Russie contre-attaque

La Russie prive les pays qui plafonnent. Tous les pays qui plafonnent les prix du pétrole russe en seront entièrement privés à partir du 1er février. C’est la réponse du Kremlin au système de plafonnement fixé début décembre à 60 dollars par baril par les 27 de l’Union européenne, le G7 et l'Australie. Vladimir Poutine a signé le décret ce 27 décembre. "La livraison de pétrole et de produits pétroliers russes à des personnes morales étrangères et autres particuliers est interdite" si ceux-ci utilisent le prix plafond, et ce “jusqu’au 1er juillet 2023”, indique ce dernier. Dans les faits, seul le pétrole vendu par la Russie à un prix égal ou inférieur à 60 dollars peut continuer à être livré. En 2021, la Russie était le deuxième fournisseur d'or noir aux pays de l'Union européenne, et le 2e plus gros exportateur au monde. 

Une sanction peu efficace. Au-delà de ce plafond, il est interdit pour les entreprises de fournir les services permettant son transport maritime (fret, assurance, etc.). Cette mesure, prise par les puissances occidentales après des mois de négociation, priver Moscou de revenus importants pour financer son intervention militaire en Ukraine. Toutefois, le cours du baril de pétrole russe (brut de l'Oural) évolue actuellement autour de 65 dollars, soit à peine plus que le plafond fixé, impliquant un impact limité à court terme de cette mesure, selon de nombreux observateurs. Face à ce plafond inefficace, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait déploré "une position faible" de ses alliés occidentaux au moment de sa mise en place. Même les dirigeants russes ont prévenu que ce mécanisme "n'aura pas d'impact" sur le cours de l'offensive russe contre son voisin ukrainien. 

Pas de signe d'apaisement ni de dialogue

La France renvoie un signal de soutien. Sébastien Lecornu se rendra en Ukraine le 28 décembre pour "témoigner aux autorités ukrainiennes le soutien continu de la France depuis le début de la guerre le 24 février dernier", alors que la guerre dévaste désormais le pays depuis dix mois. Il rendra notamment hommage aux morts au monument des Héros à Kiev et rencontrera son homologue ukrainien, Oleksiy Reznikov.

Kherson sous les bombes à Noël : une maternité visée ? Les forces russes continuent sans répit de bombarder l’Ukraine. Comme à Kherson, où le marché de Noël avait été visé le jour du Réveillon, faisant dix morts et au moins 55 blessés, dont 18 “dans un état grave”. Le gouverneur a publié des photos du centre-ville après les bombardements russes, qui ont aussi touché les rues adjacentes, très fréquentées en ce Réveillon de Noël.  En tout, "66 voitures ont brûlé" dans la frappe, selon les secours. Selon le chef adjoint du cabinet de la présidence ukrainienne, Kirill Timoshenko, "les Russes ont bombardé la maternité de l’hôpital" de Kherson. "Cinq femmes qui venaient d’accoucher étaient encore présentes", ajoute-t-il sur Telegram mercredi 28 décembre. "Miraculeusement, personne n’a été blessé." 

L'armée ukrainienne continue de se repousser les Russes à l'est.  Les forces ukrainiennes semblent s'être rapprochées de la reprise de la ville clé sous contrôle russe de Kreminna dans la province de Louhansk, l'un des Oblasts annexés unilatéralement en septembre par la Russie, à l'est du pays. Le gouverneur régional de Lougansk, Serhiy Haidai, a déclaré que les combattants d'une partie de la ville contrôlée par le commandement russe avaient été contraints de se retirer à Rubizhne, une ville à quelques kilomètres au sud-est, en raison de la pression militaire ukrainienne, selon le Guardian. Selon le briefing du ministère de la Défense britannique, les forces russes se concentrent de leur côté sur la capture de la ville de Bakhmut dans la région de Donetsk. L'armée russe a déplacé bon nombre de ses avions de combat de la base aérienne d'Engels vers d'autres endroits, après des frappes de drones ukrainiens ayant tué trois militaires russes lundi 26 décembre sur cette base cruciale située à des centaines de kilomètres du front.

Près de 7000 civils ukrainiens tués. Un nouveau recensement du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (OHCHR) publié le 26 décembre comptabilise au moins  17.831 victimes civiles depuis le 24 février. Dont 6884 personnes tuées et 10.947 autres blessées. Parmi elles, 38 seraient des enfants. L’OHCHR précise que la plupart des morts civiles enregistrées ont été causées par "l’utilisation d’armes explosives à large rayon d’action, notamment des tirs d’artillerie lourde, des lance-roquettes multiples, des missiles et des frappes aériennes". Selon elle, les chiffres réels sont sans doute beaucoup plus élevés car des rapports dans de nombreuses régions d’Ukraine ne sont toujours pas arrivés ou n’ont pas encore pu être vérifiés.


ER avec AFP

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