Crise des opioïdes : le cabinet McKinsey paiera 573 millions de dollars aux États-Unis

Léa LUCAS avec AFP
Publié le 4 février 2021 à 17h55
La dépendance des Américains aux opiacés ravagent les États-Unis depuis plusieurs décennies.

La dépendance des Américains aux opiacés ravagent les États-Unis depuis plusieurs décennies.

Source : Khalil MAZRAAWI / AFP

DROGUE - Vendus sur ordonnance ou illégalement, ces antidouleurs hautement addictifs, mais peu contrôlés par les pouvoirs publics, ont tué des centaines de milliers de personnes. L'État fédéral a proposé un accord pour solder les comptes, accepté par le cabinet.

Avec plus de deux millions de personnes dépendantes comptabilisées en 2018 et 400.000 décès enregistrés en moins de vingt ans, la crise des opiacés fait des ravages aux États-Unis. Ces médicaments supposés calmer les douleurs étaient réservés aux maladies graves. Mais les surprescriptions des médecins au fil des ans ont rapidement conduit à des dérives addictives. L'un des principaux responsables pointé du doigt ce jeudi : le cabinet de conseil McKinsey, qui a conseillé le gouvernement français dans sa campagne vaccinale.

Les autorités du pays lui reprochent d'avoir contribué à la crise dévastatrice des opiacés aux États-Unis en donnant des conseils marchands aux géants pharmaceutiques au détriment de la santé des citoyens. McKinsey a notamment conseillé Purdue Pharma pour l'aider à doper ses ventes. Dans ce dossier judiciaire, le fabricant de l'opiacé OxyContin a plaidé coupable l'an dernier, selon des documents déposés devant un tribunal du Massachussetts.

C'est donc au tour du cabinet de payer la lourde addition de cette crise. McKinsey vient de conclure un accord prévoyant le versement de 573 millions de dollars, soit 476 millions d'euros, aux pouvoirs publics américains pour réparer les dommages causés auprès de la population. Cet arrangement financier a été conclu avec les avocats généraux de 47 États, du District de Columbia et de 5 territoires, selon le New York Times et le Wall Street Journal

Cet accord économique permettra à McKinsey d'échapper à des poursuites au civil. Le cabinet de conseil n'a toutefois pas souhaité répondre aux sollicitations de l'AFP pour commenter cette information.


Léa LUCAS avec AFP

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