Le "gaz hilarant" est surtout consommé par les jeunes adultes, révèle Santé publique France

par M.L (avec AFP)
Publié le 26 octobre 2023 à 19h25

Source : JT 20h WE

Plus d'un jeune de 18 à 24 ans sur dix a déjà consommé du protoxyde d'azote une fois dans sa vie, révèle une enquête de Santé publique France publiée ce jeudi.
Une proportion bien plus élevée que dans l'ensemble de la population.
C'est aussi dans cette tranche d'âge que l'on trouve la plupart de ceux qui en ont consommé l'an passé.

Le "gaz hilarant" populaire chez les plus jeunes. La consommation de protoxyde d’azote concerne, chez les adultes, essentiellement les jeunes majeurs, révèle une enquête de Santé publique France (SpF) publiée ce jeudi 25 octobre. Elle souligne notamment que plus d'un jeune de 18 à 24 ans sur dix en a déjà consommé une fois dans sa vie. 

En 2022, si la plupart des Français (75%) de 18 à 75 ans ont entendu parler de protoxyde d'azote, seuls 4,3% ont dit en avoir consommé au moins une fois dans leur vie, selon ces données issues d'une enquête sur la consommation de tabac, lors de laquelle quelques questions sur le protoxyde d’azote et le CBD ont été posées. En revanche, chez les jeunes adultes, 13,7% des 18-24 ans en ont consommé au moins une fois dans leur vie, contre 2,0% parmi les 35-44 ans et 0,8% parmi les 65-75 ans. 

En 2022, tous les consommateurs avaient moins de 35 ans

"Cette différence entre les groupes d'âges est encore plus nette en ce qui concerne la consommation dans l'année" : en 2022, tous les consommateurs dans l'année de l'échantillon avaient moins de 35 ans, selon l'enquête. De 18 à 75 ans, moins de 1% des sondés affirment avoir consommé, mais la proportion grimpe à 2,8% parmi les 18-35 ans. Elle atteint même 3,2% chez les 18-24 ans, pointe l'agence sanitaire.

L'âge moyen du consommateur est de 25 ans, a précisé SpF, à partir des données de l'enquête menée par téléphone par l'institut Ipsos, du 2 mars au 9 juillet 2022, auprès de 3229 adultes résidant en métropole et parlant le français. La première consommation intervient le plus souvent entre 18 et 24 ans (61% des expérimentateurs). Près de deux expérimentateurs sur dix (19,4%) étaient mineurs pour leur première consommation.

L'enquête de l'agence sanitaire révèle aussi que si les hommes ont davantage expérimenté le "gaz hilarant" que les femmes, ils n'en ont pas pour autant consommé davantage dans l'année, "à la différence de ce qui est généralement observé pour les substances illicites"

"Pratiques à risques"

Utilisé en médecine ou en cuisine, le protoxyde d'azote est un gaz prisé par des jeunes pour ses effets psychoactifs courts, une fois inhalé, le plus souvent via des ballons de baudruche gonflés par des capsules ou des bonbonnes. Mais ses conséquences peuvent être très graves sur la santé : asphyxie, perte de connaissance, brûlures, voire complications neurologiques, cardiovasculaires ou encore symptômes psychiatriques.

"L'augmentation des cas d'intoxication laisse suggérer qu'une part substantielle des consommateurs de protoxyde d'azote est concernée par des pratiques à risques, dans un contexte d'accessibilité au produit facilitée par Internet, dans des conditionnements dont les volumes ont augmenté ces dernières années", a souligné Spf. 

Une loi adoptée en mai 2021 a interdit la vente de ce psychotrope aux mineurs ainsi que dans les débits de boissons et tabac. Mais le "proto" s'achète en grande quantité et à bas coût via des sites de revente et des comptes Snapchat proposant des livraisons à domicile. Des enquêtes récentes ont montré "des niveaux d’expérimentation de protoxyde d’azote faibles mais non négligeables" chez les moins de 18 ans, "entre 2,3 % chez les jeunes de 17 ans en 2022 et 5,5 % parmi les élèves de 3e, majoritairement des garçons, en 2021", relève l'agence sanitaire.


M.L (avec AFP)

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