Le général émirati Ahmed Nasser Al-Raisi élu président d'Interpol malgré des accusations de torture

La rédaction de LCI avec AFP
Publié le 25 novembre 2021 à 9h18
Le général émirati Ahmed Nasser Al-Raisi, nouveau président d'Interpol, le 23 novembre 2021.

Le général émirati Ahmed Nasser Al-Raisi, nouveau président d'Interpol, le 23 novembre 2021.

Source : OZAN KOSE / AFP

CONTROVERSE - Responsable des forces de sécurité des Émirats arabes unis, Ahmed Nasser al-Raisi a été élu à la tête d'Interpol, jeudi 25 novembre, au cours d'une Assemblée générale à Istanbul. Ce général émirati est visé par plusieurs plaintes en France et en Turquie.

Il est visé par plusieurs plaintes pour "torture" en France et en Turquie. Le général émirati Ahmed Nasser al-Raisi a été élu président d'Interpol, jeudi 25 novembre, à Istanbul, a annoncé sur Twitter l'agence de coopération policière. Cette fonction est essentiellement honorifique, le vrai patron étant son Secrétaire général, Jürgen Stock, renommé pour un second mandat de cinq ans en 2019, qui assure les affaires courantes au sein de l'organisation. Le président d'Interpol, désigné pour quatre ans, occupe lui ses fonctions à temps partiel, de façon bénévole, et conserve ses fonctions dans son pays d'origine. 

Des organisations de défense des droits de l'Homme et des élus européens s'étaient, toutefois, vivement opposés à l'arrivée à la tête d'Interpol de cet Émirati, soupçonné de faits de torture et de détention arbitraire d'opposants au régime émirati. 

"Nous sommes profondément convaincus que l'élection du général Al-Raisi porterait atteinte à la mission et à la réputation d'Interpol et affecterait lourdement la capacité de l'organisation à s'acquitter efficacement de sa mission", avaient écrit, mi-novembre, à la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen, trois députés européens dont Marie Arena, l'actuelle présidente de la sous-commission des droits de l'Homme du Parlement européen.

Des plaintes pour "torture" en France et en Turquie

En octobre 2020, dix-neuf ONG, dont Human Rights Watch (HRW), s'inquiétaient déjà du choix possible du général émirati, "membre d'un appareil sécuritaire qui prend systématiquement pour cible l'opposition pacifique". En parallèle, plusieurs plaintes pour "torture" contre Ahmad Al-Raisi ont été déposées ces derniers mois en France, où siège l'organisation, et en Turquie, pays hôte de l'Assemblée générale qui se tient dans la capitale stambouliote depuis mardi.

Un des plaignants, le ressortissant britannique Matthew Hedges, a raconté avoir été détenu et torturé entre mai et novembre 2018 aux Émirats arabes unis, après avoir été arrêté pour de fausses accusations d'espionnage lors d'un voyage d'études.

L'ONG Gulf Centre for Human rights (GCHR) accuse dans l'une de ces plaintes le général émirati d'"actes de torture et de barbarie" contre l'opposant Ahmed Mansoor, détenu depuis 2017 dans une cellule de 4 m2 "sans matelas ni protection contre le froid", ni "accès à un médecin, à l'hygiène, à l'eau et aux installations sanitaires". Ces procédures n'ont pas abouti jusqu'ici.


La rédaction de LCI avec AFP

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