Symbole de la liberté d'expression, le blogueur saoudien Raif Badawi libéré après 10 ans de prison

M.G
Publié le 11 mars 2022 à 23h12
JT Perso

Condamné pour "insulte à l'islam", le blogueur saoudien et militant des droits humains Raif Badawi a été libéré après 10 ans de détention.
Il lui est interdit de quitter le territoire saoudien pendant les dix prochaines années.
Il est devenu un symbole de la liberté d'expression dans le monde.

Une nouvelle très attendue. Raif Badawi, blogueur saoudien et militant des droits humains, a été libéré vendredi 11 mars, après 10 ans d'emprisonnement. "Raif m'a appelée, il est libre", a déclaré sa femme à l'AFP, Ensaf Haidar, très émue. "J'ai sauté partout quand j'ai appris. Je n'y croyais plus. J'ai hâte de voir mon papa, tellement hâte", s'est exclamée l'une de ses filles, Najwa Badawi.

Des coups de fouet en place publique

La nouvelle a été confirmée à l'agence de presse par un responsable de la sécurité saoudienne sous le couvert de l'anonymat. "Oui, il a été libéré aujourd'hui", a-t-il sobrement commenté. "Raif Badawi, défenseur des droits humains en Arabie saoudite, a enfin été libéré", a tweeté, dans la foulée, Amnistie internationale Canada, parlant d'une "nouvelle tant attendue".

L'ancien lauréat du prix Reporters sans frontières pour la liberté de la presse, âgé de 38 ans aujourd'hui, avait été arrêté en 2012 puis condamné fin 2014 à dix ans de prison et à 50 coups de fouet par semaine pendant vingt semaines pour avoir plaidé notamment pour la fin de l'influence de la religion sur la vie publique. La première séance de flagellation sur une place publique en Arabie saoudite, en 2015, avait choqué le monde pour son caractère "médiéval", selon l'expression d'une ministre suédoise à l'époque. Devenu un véritable symbole de la liberté d'expression dans le monde, il n'a plus été fouetté par la suite.

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Le Québec, où vit désormais Ensaf Haidar, a ouvert la voie à l'exil de Raif Badawi au Canada en le plaçant sur une liste prioritaire d'immigrants potentiels pour raisons humanitaires. L'ONG Amnestie a, toutefois, rappelé que le blogueur saoudien restait pour l'instant soumis à une interdiction de quitter le royaume. Cette sanction est supposée durer encore dix ans. Finalement, samedi, l'Arabie saoudite a confirmé l'interdiction de quitter le territoire saoudien pendant les dix prochaines années.

 Comme lui, Samar Badawi - sa sœur - ainsi que la militante Nassima al-Sadah, libérées en 2021, restent bloquées en Arabie Saoudite. 


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