Le père Rivoire, prêtre franco-canadien accusé d'agressions sexuelles au Canada, est mort

par Antoine LLORCA avec l'AFP
Publié le 13 avril 2024 à 7h41

Source : JT 20h WE

Joannes Rivoire, accusé d'agressions sexuelles sur de jeunes Inuits pendant les années 60 et 70, est mort.
Retiré depuis plusieurs années près de Lyon, il n'a jamais été inquiété malgré de nombreuses plaintes et plusieurs demandes d'extradition du Canada.

Le prêtre franco-canadien Joannes Rivoire, accusé d'agressions sexuelles sur de jeunes Inuits dans le Grand Nord canadien dans les années 1960 et 1970 et réclamé depuis des années par la justice canadienne, est mort en France, a annoncé ce vendredi sa congrégation.

Celui qui était vu, notamment au Canada, comme le symbole de l'impunité des agresseurs sexuels au sein de l'Église catholique, "est décédé jeudi après une longue maladie", a indiqué le père Ken Thorson des Oblats de Marie-Immaculée (OMI), dans une déclaration transmise à l'AFP.

La France a refusé de l'extrader vers le Canada

Le nonagénaire, qui vivait près de Lyon, n'a jamais été inquiété malgré de nombreuses plaintes et plusieurs demandes d'extradition du Canada. "Nous avons conscience que cette nouvelle sera difficile, en particulier pour les survivants et leurs familles qui ont plaidé pour qu'il soit traduit en justice au Canada", a poursuivi Ken Thorson. "Nous regrettons qu'en dépit de tous les efforts, M. Rivoire ne se soit jamais rendu disponible et qu'il n'ait jamais eu à répondre aux accusations portées contre lui", a-t-il ajouté. Joannes Rivoire a toujours contesté les accusations.

Rivoire a quitté le Canada en 1993 après 33 ans de terrain au moment où deux premières plaintes sont déposées. Un premier mandat d'arrêt est émis par le Canada en 1998. Mais aucune suite n'est donnée et il est levé en 2017. Toutefois en 2022, une nouvelle plainte est déposée au Canada - il n'existe pas de délai de prescription en matière de crimes sexuels - et Ottawa émet un nouveau mandat d'arrêt, donnant un nouvel espoir aux victimes. Mais, en octobre de la même année, la France a rejeté la demande d'extradition vers le Canada, expliquant qu'il s'agissait d'un cas complexe et qu'elle n'extradait pas ses citoyens. Une décision très mal comprise sur place où Marc Miller, le ministre canadien des Relations Couronne-Autochtones à l'époque, avait déclaré qu'il était "désolant de voir cette injustice grave se reproduire"

Même les procédures d'exclusion de la congrégation, visant le religieux français, ont échoué. Les Oblats de Marie-Immaculée (OMI), qui compte 3700 missionnaires dans le monde a toujours expliqué n'avoir été informé qu'en 2013 de l'existence du premier mandat d'arrêt délivré contre lui… en 1998 au Canada. 


Antoine LLORCA avec l'AFP

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