Chef de Daech tué en Syrie : comment s'est déroulée l'opération américaine ?

Léa LUCAS avec AFP
Publié le 4 février 2022 à 6h20
JT Perso

Source : JT 20h WE

Les militaires américains ont abattu le chef du groupe État islamique dans la nuit de mercredi à jeudi.
Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi était dans leur viseur depuis plusieurs mois.
La principale consigne de l'opération : épargner les femmes et les enfants.

Une telle opération n'avait pas eu lieu depuis octobre 2019. Déployé sur le sol syrien, le raid des forces spéciales américaines a permis d'éliminer le chef du groupe État islamique (EI), Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi, dans la nuit de mercredi à jeudi. Si celui-ci "a choisi de se faire exploser" - comme son prédécesseur Abou Bakr al-Baghdadi, lui aussi éliminé par les Etats-Unis deux ans plus tôt -, les militaires américains préparaient cette mission depuis plusieurs semaines.

Le raid aéroporté privilégié

Selon les récits de plusieurs responsables de l'administration américaine, le chef de l'EI a été localisé "il y a plusieurs mois" près de camps de déplacés de la localité d'Atmé, dans la région d'Idleb, contrôlée en grande partie par les djihadistes et les rebelles. Après avoir obtenu des services de renseignement, début décembre dernier, la confirmation de l'identité du chef djihadiste, Joe Biden a ordonné au Pentagone de préparer une opération pour l'éliminer.

Le ministre de la Défense, Lloyd Austin, et le chef d'état-major, le général Mark Milley, ont ainsi informé le président, ce mardi, des détails de l'opération à l'aide d'une maquette de la maison où se cachait al-Qourachi. Une frappe de drone a aussitôt été exclue, en raison de la présence de nombreux enfants dans l'immeuble de trois niveaux où il résidait avec sa famille. 

C'est donc le raid aéroporté qui a été privilégié. Priorité absolue ? Minimiser le risque de victimes civiles. L'option qu'al-Qourachi se fasse exploser ayant été largement envisagée, des ingénieurs de l'armée ont été consultés afin d'examiner le risque d'effondrement du bâtiment sur les autres habitants. Ces derniers ont déterminé un risque relativement faible. 

Des corps projetés à l'extérieur de l'immeuble

Jeudi au petit matin, des militaires ont donc été déposés à proximité de la résidence du chef de l'EI. À leur arrivée sur les lieux, ces derniers ont appelé les résidents à quitter l'immeuble. La famille installée au rez-de-chaussée, comprenant quatre enfants, est immédiatement sortie, avant d'être placée en sécurité. 

Les soldats américains ont ensuite appelé le chef de l'EI à se rendre. Mais très rapidement, comme ils l'avaient suggéré, une explosion a pulvérisé le deuxième étage. Al-Qourachi s'est fait exploser, emportant sa femme et ses deux enfants  avec lui. "L'explosion (a été) tellement puissante au deuxième étage que des corps (ont été) projetés à l'extérieur", a relaté ultérieurement le porte-parole du Pentagone, John Kirby.

Le lieutenant d'al-Qourachi qui, lui, vivait au premier étage du même immeuble, a alors commencé à tirer sur les soldats américains avec sa femme, avant qu'ils ne répliquent et les tuent. Peu après, des individus armés se sont, à leur tour, approchés des forces américaines pour leur tirer dessus. Deux d'entre eux ont été tués par les militaires, tandis que les autres se sont enfuis. 

Au début de l'opération, un des hélicoptères a été endommagé. Les Américains ont décidé de le déplacer à distance des zones résidentielles et de le détruire. Le commando a été évacué sans encombre.

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Si le président Joe Biden, s'est félicité du succès de cette opération - qu'il a suivie de bout en bout depuis la "situation room" de la Maison Blanche - le Pentagone est resté très discret sur le nombre de soldats américains impliqués et l'équipement déployé, indiquant simplement que le raid n'a compté que des soldats d'élite américains. Au total, le raid a fait 9 morts et dix civils sont sains et saufs, dont huit enfants. 


Léa LUCAS avec AFP

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