Le terroriste Anders Breivik présente encore des risques de "violence totalement débridée", affirme l'État norvégien

par M.T avec AFP
Publié le 9 janvier 2024 à 15h45

Source : Sujet TF1 Info

"Suicidaire" et sous antidépresseur, le néonazi Anders Breivik traîne l’État norvégien en justice pour protester contre son isolement carcéral.
L'État se défend, rappelant qu'il présente toujours un danger extrême.
En 2011, il avait tué 77 personnes, lors de l'un des pires drames de l'histoire de la Norvège.

Anders Behring Breivik, qui a tué 77 personnes en 2011, présente aujourd’hui encore des risques de "violence totalement débridée". C'est ce qu'a affirmé, mardi 9 janvier, l’État norvégien, poursuivi en justice par le néonazi qui estime que son régime carcéral viole ses droits humains. Détenu dans un quartier de haute sécurité, Anders Behring Breivik assure que son maintien à l’isolement depuis près de onze ans et demi viole l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’Homme qui interdit les "peines ou traitements inhumains ou dégradants".

Il est désormais suicidaire
Avocat d'Anders Behring Breivik

Le 22 juillet 2011, l’extrémiste, aujourd’hui âgé de 44 ans, avait d’abord fait exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo, faisant huit victimes, puis tué 69 autres personnes, des adolescents pour la plupart, en ouvrant le feu sur un camp d’été de la Jeunesse travailliste sur l’île d’Utøya. Il a été condamné en 2012 à la peine maximale d’alors, soit 21 ans de prison avec possibilité d’extension. 

Depuis, "il est toujours en isolement et, plus le temps passe, plus cela constitue une violation de la Convention", a déclaré son avocat, Øystein Storrvik, en octobre. Dans les documents de procédure, il a fait valoir que "la longue période d’isolement et d’absence d’interaction réelle se traduit maintenant par des dommages (psychologiques, NDLR) pour Breivik, y compris le fait qu’il est désormais suicidaire".

Selon son avocat, Anders Behring Breivik n’a aujourd’hui de contacts qu’avec deux autres détenus qu’il voit une heure toutes les deux semaines sous étroite surveillance ainsi qu'avec le personnel pénitentiaire. "Il est désormais dépendant de l’antidépresseur Prozac pour supporter ses journées en prison", affirme son avocat. Invoquant un autre article de la Convention des droits de l’Homme qui garantit un droit à la correspondance, l’extrémiste réclame également un allègement du filtrage de ses courriers avec le monde extérieur.

En 2016, il avait déjà attaqué l’État norvégien pour ces deux mêmes motifs et avait, à la surprise générale, partiellement obtenu gain de cause en première instance. Mais il avait ensuite été complètement débouté en appel et la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) avait jugé sa plainte "irrecevable" en 2018. Pour des questions de sécurité, ce nouveau procès de cinq jours se tient dans le gymnase de la prison de Ringerike.


M.T avec AFP

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