Navalny-Poutine : le conflit sans fin

Législatives en Russie : Telegram, Google et Apple suppriment une application de Navalny visant à contrer Poutine

I.N. avec AFP
Publié le 18 septembre 2021 à 16h34
Législatives en Russie : Telegram, Google et Apple suppriment une application de Navalny visant à contrer Poutine

Source : HANDOUT / MOSCOW'S BABUSHKINSKY DISTRICT COURT PRESS SERVICE / AFP

POLITIQUE - Les élections législatives ont débuté vendredi en Russie. Un scrutin marqué par la suppression par plusieurs géants du numérique de l'application de l'opposant Alexeï Navalny destinée à contrer le parti de Vladimir Poutine.

Des consignes de vote bloquées. Les entreprises Google, Apple, puis quelques heures plus tard la messagerie Telegram, ont toutes les trois supprimé, ces derniers jours, une application - désormais interdite - créée par le mouvement d'Alexeï Navalny, opposant russe emprisonné. 

Celle-ci permettait de savoir pour quel concurrent voter dans chaque circonscription des législatives qui se tiennent ce week-end, mais aussi lors de dizaines d'élections locales et régionales, afin de battre les candidats du pouvoir.

Comme presque aucun candidat véritablement opposé au président russe Vladimir Poutine n'a été autorisé à se présenter à ces élections, les partisans de Navalny ont en effet élaboré une stratégie dite du "vote intelligent", destinée à soutenir le candidat, souvent communiste, le mieux placé pour mettre en difficulté celui du parti au pouvoir, Russie Unie. L'application en question faisait pleinement partie de cette stratégie, déjà utilisée par le passé.

Des "menaces graves de représailles" sur les salariés de Google

Mais elle a été jugée "illégale" par les autorités russes, qui ont demandé aux géants du numérique de la supprimer. "Cette application est illégale dans notre pays", a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. Google indique avoir retiré cette application sous la contrainte "sans précédent" du gouvernement russe, pour protéger ses salariés qui faisaient l'objet de "menaces publiques graves de représailles juridiques et de prison", d'après une source proche du dossier. La messagerie Telegram, qui avait annoncé dans un premier temps son intention de résister à l'injonction du pouvoir, a fait de même ce samedi.

Lire aussi

L'opposition crie désormais à la "censure" et accuse les géants d'Internet de "céder au chantage du Kremlin". "Le blocage d'applications par Apple et Google crée un précédent dangereux qui affectera la liberté d'expression en Russie et dans le monde entier", a notamment déclaré Pavel Dourov, fondateur de Telegram. "L'État russe tout entier et même les grandes entreprises de la tech sont contre nous, mais cela ne signifie pas que nous pouvons baisser les bras", a affirmé sur Telegram la chaîne de l'équipe de Navalny.

Après la disparition de ce "bot", les partisans de l'opposant russe se sont rabattus sur Twitter. Sur le réseau social, ils publient des liens renvoyant vers des documents sur Google Docs, qui contiennent les consignes de vote. Les élections législatives, qui permettront de renouveler la chambre basse du Parlement, la Douma, se sont ouvertes vendredi 17 septembre et dureront jusqu’à dimanche. Vladimir Poutine, isolé à cause de cas de Covid-19 dans son entourage, a voté électroniquement.


I.N. avec AFP

Tout
TF1 Info