Mort de George Floyd : l'indignation mondiale

Les États "doivent cesser de nier le racisme systémique" et commencer "à le démanteler" selon l'ONU

La rédaction de LCI
Publié le 28 juin 2021 à 12h25
La Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme Michelle Bachelet, au siège européen des Nations Unies à Genève, le 9 décembre 2020.

La Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme Michelle Bachelet, au siège européen des Nations Unies à Genève, le 9 décembre 2020.

Source : Fabrice COFFRINI / AFP

DROITS DE L'HOMME - Alors que le policier qui a tué George Floyd, a été condamné ce vendredi à 22 ans et demi de prison, la Haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet, demande aux États de prendre des "mesures immédiates" contre le "racisme systémique" dont les Noirs sont victimes.

"Seules les approches qui s’attaquent à la fois aux lacunes endémiques des forces de l’ordre et au racisme systémique – et à ses origines – rendront justice à la mémoire de George Floyd et de tant d’autres dont la vie a été perdue ou irrémédiablement affectée", a déclaré la Haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet, lors de la publication d'un rapport du Haut-commissariat demandé par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, en référence à l'Afro-Américain devenu le symbole des victimes des violences policières et raciales aux États-Unis après son meurtre le 25 mai 2020.

"Il existe aujourd'hui une possibilité d'importance capitale de marquer un tournant pour l'égalité et la justice raciales ", poursuit-elle alors que Derek Chauvin, le policier blanc qui a écrasé le cou de George Floyd sous son genou pendant de longues minutes, provoquant sa mort, a été condamné à 22 ans et demi de prison. Une peine lourde et rare aux États-Unis qui reflète l'impact planétaire du drame.

"Regarder le passé en face"

Cette mobilisation a permis "une prise de conscience longtemps retardée du racisme et a placé au centre des débats le caractère systémique du racisme", souligne la Haute-commissaire. À cet égard, le rapport appelle les États à "adopter des mesures mobilisant l'ensemble des pouvoirs publics" dans des plans dotés de "ressources suffisantes".

Il demande aussi la mise en place de statistiques ethniques, seules à même de permettre de "mieux comprendre l'ampleur du racisme systémique (...) et contrôler l'efficacité des mesures stratégiques" prises, mais aussi des "mécanismes de contrôle indépendants", une limitation du recours à la force par les policiers ou encore des "programmes d'indemnisation des victimes".

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La lutte contre le racisme passe par un véritable travail de mémoire, souligne enfin le rapport. Il est ainsi "grand temps de regarder en face les séquelles de l'esclavagisme, de la traite transatlantique des Africains et du colonialisme, et de viser à une justice réparatrice", insiste-t-il, pointant "l'absence de reconnaissance officielle de la responsabilité" des États, institutions et individus ayant participé à ces phénomènes ou en tirant encore profit.

"Le statu quo est inacceptable", conclut Michelle Bachelet dans son communiqué appelant à des "mesures immédiates et transformatrices (...) Nous avons besoin d’une approche transformatrice qui s'attaque aux domaines interdépendants qui alimentent le racisme et conduisent à des tragédies récurrentes tout à fait évitables, comme la mort de George Floyd."


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