Les Etats-Unis envisagent d’envoyer des djihadistes de Daech à Guantanamo

La rédaction de LCI
Publié le 31 août 2018 à 13h00
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Source : Sujet JT LCI

EMPRISONNEMENT - L’administration du président américain, Donald Trump, envisagerait d’envoyer des membres du groupe terroriste Etat Islamique dans la prison de Guantanamo, selon des informations de la chaîne américaine NBC publiées jeudi.

De nouveaux prisonniers à Guantanamo ? C’est en tout cas une idée considérée par Donald Trump. Cinq responsables américains et deux diplomates européens cités par la chaîne américaine NBC affirment, ce jeudi 30 août, que Washington envisage d’envoyer  "plusieurs" membres "de grande valeur" du groupe terroriste Etat Islamique (EI) dans le centre de détention militaire situé dans le sud-est de Cuba. Depuis dix ans, cette prison n’a pas vu de nouvel arrivant. 

La cellule des "Beatles"

Ce plan d’emprisonnement concerne des membres de l'EI, actuellement détenus dans une zone de Syrie contrôlée par les rebelles et soutenus par les Etats-Unis. Parmi eux, NBC cite deux djihadistes britanniques : Alexanda Amon Kotey et El Shafee el-Sheikh, connus pour faire partie d’une cellule terroriste surnommée "The Beatles" en raison de l'accent anglais de ses membres. Seuls survivants d’une unité de quatre hommes, ils avaient enlevé, torturé et décapité des prisonniers. Parmi eux, le journaliste américain James Foley, dont la vidéo de mise à mort avait horrifié l’Occident

Cependant, cet emprisonnement comporte des risques. Parmi eux, celui relevé par une Sénatrice démocrate : Jeanne Shaheen a ainsi exprimé sa crainte que, si ces prisonniers étaient envoyés à Guantanamo, ils deviendraient alors des "martyrs" aux yeux des autres djihadistes. Elle a donc appelé l’administration Trump à les poursuivre dans des tribunaux civils fédéraux pour s’assurer qu’ils soient jugés. Une volonté d’autant plus forte qu'elle serait "conforme aux souhaits de la famille Foley" selon une lettre au président publiée par la Sénatrice. 

Trump offre une seconde vie à Guantanamo

De tels transferts vers Guantanamo marqueraient un virage dans la politique américaine. Cette prison, implantée dans une enclave américaine sur l'île de Cuba, n’a eu aucun nouvel arrivant depuis 2008. Elle ne compte aujourd'hui plus que 40 prisonniers, parmi lesquels des membres vieillissants d’Al-Qaïda, accusés d’avoir pris part aux attentats du 11 septembre aux Etats-Unis. 

La nouvelle surprend d'autant plus que Guantanamo, célèbre pour avoir été la cible de nombreuses controverses, devait être fermée. Tout au long de son mandat, l’ex-président Barack Obama avait plaidé pour son démantèlement. Des tentatives rendues vaines par l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, au positionnement diamétralement opposé. Ainsi, dès janvier, le président américain avait accordé une seconde vie à la prison, ordonnant de "maintenir ouvertes les installations carcérales de Guantanamo Bay". 

Un message bien reçu par un responsable militaire américain. En mars dernier, Kurt Tidd, chef du commandement militaire américain pour l'Amérique latine, avait signalé que la prison pouvait facilement accueillir "deux douzaines" de détenus supplémentaires si le gouvernement en faisait le choix. Mais si Donald Trump a déjà considéré cette option, l’une des porte-paroles du Pentagone, la commandante Sarah Higgins, a cependant affirmé que "personne n’[avait] été identifié à ce stade pour être transféré à Guantanamo". 


La rédaction de LCI

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