Le Financial Times a révélé ce dimanche les inquiétudes formulées par plusieurs renseignements européennes.
Ils disent redouter une vague "imminente" d'opérations de sabotage russe sur le continent.
En France, les services de renseignement confirment que "des menaces d'actes de déstabilisation et de sabotages sont déjà identifiées et traitées".

Si l'Europe n'est pas en conflit contre la Russie, la guerre hybride menace bel est bien le continent. Selon les révélations du Financial Times ce dimanche 5 mai, au moins trois services de renseignements européens ont mis en garde contre une vague "imminente" de sabotages téléguidés par le Kremlin. Il faut dire que les preuves d'un effort "plus agressif et concerté" pour toucher le sol européen s'accumulent.

Cette menace "identifiée" par la France

À mesure que le soutien des européens à l'Ukraine s'intensifient, la menace grandit, selon le quotidien britannique. Si bien que les agents russes se prépareraient désormais "plus activement" à organiser des attaques contre différentes infrastructures, via des bombardements ou des incendies criminels. Sans se soucier d'éventuelles pertes civiles. "Nous estimons que le risque d'actes de sabotage contrôlés par l'État est considérablement accru", a ainsi déclaré Thomas Haldenwang, le chef du renseignement allemand, au cours d'une conférence de presse sur la sécurité. Une vague d'attaques sur le sol européen "avec un potentiel élevé de dégâts humains et matériels" serait même "imminente", a indiqué le patron des espions allemands.De son côté, l'Otan a exprimé jeudi sa profonde préoccupation face à la montée des "activités malveillantes sur le territoire allié", citant ce qu'elle considère comme une "campagne d'intensification" dans la zone Atlantique nord.

Une menace prise au sérieux au niveau européen. Cité par le Financial Times, un haut responsable européen affirme que les services de sécurité de l'Otan échangeaient des informations sur des "méfaits russes clairs et convaincants", coordonnés et à grande échelle, appelant à "sensibiliser l'opinion" à ce sujet. En France, les services de renseignement confirment à TF1 que des "menaces d'actes de déstabilisation et de sabotages sont déjà identifiées et traitées".

S'il ne s'agit pas d'attentats à proprement parler, les renseignements évoquent des actions contre des infrastructures stratégiques, comme des cibles militaires. Des opérations dont pourrait déjà avoir été victime le sol européen, à en croire le quotidien britannique. Dans le Pays de Galles, une explosion, dont l'origine est toujours recherchée par les enquêteurs, a eu lieu le 17 avril dans l'entreprise BAE Systems, spécialisée dans les secteurs de la défense et implantée en Ukraine pour fournir des armes légères. Au mois de mars, un incendie criminel a touché l'entrepôt d'une société liée à l'Ukraine. Le 26 avril, deux Britanniques ont été arrêtés dans le cadre de cette enquête, accusés d'avoir aidé les renseignements russes à toucher cette entreprise. En Allemagne, les deux agents russes interpellés n'avaient quant à eux pas eu le temps de passer à l'acte. Ils sont accusés d'avoir préparé des explosifs pour s'en prendre à des sites industriels ou des bases militaires dans le pays. 

Désinformation : comment la Russie menace la FranceSource : JT 20h Semaine

C'est d'ailleurs toujours en Allemagne qu'un incident qui a éclaté vendredi dernier soulève de nombreuses questions. Un mystérieux incendie a frappé Diehl, un géant de la métallurgie installé à Berlin, dont l'une des filiales produit les Iris-t, ces systèmes de défense anti-aérienne livré par Berlin à Kiev. La France semble quant à elle épargnée. Pour l'heure. Il faut dire que dès septembre 2022, le ministre des Armées Sébastien Lecornu révélait avoir "sensibilisé nos industriels de défense aux risques d'espionnage et de sabotage".


Felicia SIDERIS

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