Les restes de 215 enfants découverts à proximité d'un ancien pensionnat canadien

Vincent Kranen avec AFP
Publié le 29 mai 2021 à 9h53
"J'ai le cœur brisé", a réagi le Premier ministre canadien Justin Trudeau sur Twitter.

"J'ai le cœur brisé", a réagi le Premier ministre canadien Justin Trudeau sur Twitter.

Source : Dave Chan / AFP

PEUPLES AUTOCHTONES - L'ancien pensionnat de Kamloops, géré par l'Église catholique au nom du gouvernement canadien, avait pour objectif "d'assimiler" de force les tribus autochtones à la société canadienne. "J'ai le cœur brisé", a réagi le Premier ministre canadien Justin Trudeau.

Le Canada voit ressurgir son passé et ses anciennes pratiques vis-à-vis des membres des "Premières Nations" d'Amérique du Nord. Un expert équipé d'un géo-radar a repéré, le week-end dernier, les restes humains de 215 enfants sur le site d'un ancien pensionnat, près de Kamloops, à 350 kilomètres au nord-est de la ville de Vancouver dans la province canadienne de Colombie-Britannique. L'annonce a été faite par la communauté autochtone "Tk'emlups te Secwepemc" dans un communiqué.

"Certains n'avaient que trois ans", a affirmé Rosanne Casimir la cheffe de la communauté autochtone. Selon elle, la mort de ces enfants, dont on ignore la cause et à quand elle remonte, n'a jamais été documentée par la direction du pensionnat même si leurs disparitions avaient été évoquées dans le passé. "J'ai le cœur brisé", a réagi le Premier ministre canadien Justin Trudeau sur Twitter. C'est un triste rappel de ce sombre chapitre de notre histoire. Je pense à tous ceux qui sont touchés par cette nouvelle bouleversante", a écrit le dirigeant, qui a fait de la réconciliation avec les premiers peuples du Canada l'une de ses priorités depuis son arrivée au pouvoir en 2015.

Un pensionnat géré par l'église catholique

 Cet ancien pensionnat était l'un des 139 établissements mis en place au Canada à la fin du XIXe siècle. Quelque 150.000 enfants autochtones, métis et inuits, ont été enrôlés de force dans ces établissements où ils ont été coupés de leurs familles, de leur langue et de leur culture. Certains d'entre eux ont été soumis à des mauvais traitements ou à des abus sexuels et au moins 3200 y sont morts, la majeure partie de tuberculose, selon les conclusions en 2015 d'une commission nationale d'enquête canadienne qui avait conclu à un "génocide culturel".

Le pensionnat de Kamloops était géré par l'Église catholique au nom du gouvernement canadien. Celui-ci avait ouvert ses portes en 1890 et avait accueilli jusqu'à 500 élèves dans les années 1950, il a été fermé en 1969. En 1910, selon le communiqué de la communauté autochtone, le directeur de l'établissement de Kamloops s'était plaint de l'insuffisance des financements du gouvernement canadien pour "nourrir adéquatement les élèves". Les conclusions préliminaires de l'enquête sur les restes de ces 215 enfants devraient être publiées dans un rapport en juin.


Vincent Kranen avec AFP

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