La présidence Donald Trump

Macron et Trudeau : le front anti-Trump

MICHEL SCOTT
Publié le 3 juin 2017 à 12h39
Macron et Trudeau : le front anti-Trump

EDITO - En quelques jours, face à Donald Trump qui déjà n’incarnait plus le renouveau, un autre dynamisme, concurrent du premier, est venu lui faire de l’ombre. Celui porté par deux benjamins sur la scène internationale : Emmanuel Macron et Justin Trudeau.

La décision de Donald Trump de se retirer de l’accord de Paris sur le climat n’est pas seulement catastrophique pour l’environnement et  contre-productive pour l'économie  américaine à moyen terme. C’est aussi un mal nécessaire. Il faut sans doute en passer par les outrances d’une présidence Trump pour que se révèle au monde le chemin à suivre a contrario : sur le plan de la gouvernance mondiale, des politiques environnementales comme des alliances stratégiques.

En quelques jours, face au milliardaire américain qui déjà n’incarnait plus le renouveau, un autre dynamisme, concurrent du premier, est venu lui faire de l’ombre. Au sommet de l’OTAN comme lors du G7 de Taormina, ce fut celui qu’incarnent désormais deux benjamins de la scène internationale qui n’ont pas froid aux yeux : Emmanuel Macron et Justin Trudeau.

L’aplomb avec lequel le premier a tenu tête au tonitruant locataire de la Maison Blanche (comme il l’a fait d’ailleurs également 3 jours plus tard avec celui du Kremlin) a relancé l’espoir éteint d’une Europe confiante dans ses valeurs et volontaire. Angela Merkel, forte de ce constat et considérant par ailleurs la sténose du lien transatlantique, a proclamé que l’UE ne devait plus compter que sur elle-même.

Oui, d’une certaine façon « Merci M. Trump » pour avoir favorisé sans le vouloir cette nécessaire prise de conscience

Michel Scott

Le second, a d’ores et déjà mis en œuvre à Ottawa l’antithèse du populisme porté au pouvoir à Washington. Par un pur fruit du hasard, il se trouve que son frère, Alexandre Trudeau (notre photo - crédit Kevin Lee), était de passage à Paris cette semaine. Au moment où Donald Trump décidait d’isoler encore un peu plus l’Amérique du reste du monde, le cadet du Premier ministre canadien (il a jour pour jour 2 ans de moins), venait présenter son livre sur ses pérégrinations en Chine (Barbarian Lost, Un Barbare en Chine dans son titre en français, aux Editions Paulsen). Un regard humble et lucide sur l’empire du Milieu par un voyageur occidental assoiffé d’échanges et de leçons de vie. La philosophie d’Alexandre Trudeau le porte à croire en un monde multipolaire dont les référents ne se situent plus uniquement sur les bords de la Tamise ou du Potomac mais aussi bien à Pékin, New Delhi et Lagos.

Alexandre Trudeau, frère du Premier ministre Justin Trudeau. - Crédit : Kevin Lee
Le livre d'Alexandre Trudeau - Un regard humble et lucide sur l’empire du Milieu par un voyageur occidental assoiffé d’échanges et de leçons de vie. - Editions Paulsen

Utopiste et exalté, le presque jumeau de Justin (il est né comme lui le jour de Noël) ne porte pas le poids des responsabilités comme son ainé. Mais comme lui, ou comme leur père avant eux, il est persuadé que nos sociétés ouvertes et libérales ont tout à gagner à dialoguer avec les nouvelles puissances émergentes. La Chine, qui n’en est déjà plus une, et détient le triste privilège d’être le premier pollueur de la planète, va devenir en l’occurrence et par la force des choses, le partenaire numéro un de l’Europe et du Canada pour sauver les acquis de la COP 21. Oui, d’une certaine façon « Merci M. Trump » pour avoir favorisé sans le vouloir cette nécessaire prise de conscience : les affaires du monde peuvent se décider ailleurs que dans votre bureau.


MICHEL SCOTT

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