Malade du Covid-19, le président algérien fait une apparition surprise après 2 mois d'absence

Publié le 13 décembre 2020 à 23h12
Le président Abelmadjid Tebboune, en convalescence suite à sa contamination au Covid-19, fait une apparition surprise à la télévision dimanche 13 décembre 2020.
Le président Abelmadjid Tebboune, en convalescence suite à sa contamination au Covid-19, fait une apparition surprise à la télévision dimanche 13 décembre 2020. - Source : AFP

RETOUR - Le président algérien Abelmadjid Tebboune, en convalescence suite à sa contamination au Covid-19, a fait une apparition inattendue à la télévision ce dimanche. Très amaigri, il a néanmoins promis son retour rapide parmi les Algériens.

Malade du Covid-19, il ne s'était pas montré en public depuis près de deux mois. Le président algérien Abelmadjid Tebboune a fait une apparition surprise dans une vidéo postée sur son compte Twitter et relayée à la télévision ce dimanche. "Aujourd’hui, grâce à Dieu, je suis en convalescence. Cela va prendre encore deux ou trois semaines pour que je reprenne mes forces physiques", a-t-il affirmé très amaigri mais la voix ferme, au lendemain du 1er anniversaire de sa victoire électorale.

L'homme d'État, âgé de 75 ans, a promis d'être de retour parmi les Algériens "dans les plus brefs délais". "Je suis quotidiennement, et parfois heure par heure quand cela est nécessaire, ce qui se passe au pays. Et je donne, quand il le faut, des instructions à la présidence", a-t-il assuré, en donnant "rendez-vous bientôt sur les terres de la patrie", sans préciser de date.

Les rumeurs et la désinformation légions pendant son absence

La dernière apparition publique d'Abelmadjid Tebboune remontait au 15 octobre lorsqu'il avait reçu le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. Dès le 24 octobre, le président, grand fumeur, s'était mis volontairement à l'isolement après avoir été en contact avec des hauts responsables testés positifs au coronavirus. Également contaminé, il avait ensuite été transféré, le 28 octobre, dans "l'un des plus grands établissements spécialisés" d'Allemagne. Plusieurs fois, les autorités algériennes ont annoncé son retour "prochain" au pays. Son absence alimentait depuis informations contradictoires, rumeurs, et désinformation.

La crainte d'une crise institutionnelle

Arrivé au pouvoir le 12 décembre 2019 avec des velléités réformatrices, Abelmadjid Tebboune incarne aujourd'hui un pays dans l'impasse, proche de la banqueroute. Son hospitalisation à l'étranger a replongé l'Algérie dans les affres humiliantes de la fin du règne de son prédécesseur Abdelaziz Bouteflika, quand ce dernier, frappé par un AVC en 2013, avait continué, impotent et aphasique, à assumer la charge présidentielle avant d'être chassé du pouvoir en avril 2019 par le soulèvement populaire du Hirak.

L'incertitude a poussé certaines voix à réclamer l'application de l'article 102 de la Constitution, relatif à la vacance du pouvoir, afin d'éviter une crise institutionnelle. En cas de maladie ou de démission du président, il revient normalement au Conseil constitutionnel de constater l'état d'empêchement du chef de l'État. C'est le président par intérim du Sénat, en l'occurrence Salah Goudjil, un ancien combattant de la guerre d'indépendance âgé de 89 ans, qui assure l'intérim pendant une période maximale de 90 jours, en attendant l'élection d'un nouveau président. 

Pour l'heure, Abelmadjid Tebboune tient toujours les reines du pouvoir et compte poursuivre l'avancée de ses projets, dont la promulgation de la nouvelle Constitution, avant de faire rédiger une nouvelle loi électorale pour préparer les prochains scrutins locaux et législatif. "Il décide la poursuite de sa feuille de route autoritaire malgré son échec, il décide de prolonger la crise", a dénoncé le vice-président de la Ligue algérienne des droits de l'Homme, Saïd Salhi.


La rédaction de TF1info

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