Mali : la junte accuse Emmanuel Macron d'avoir une "posture néocoloniale"

Léa Prati avec AFP
Publié le 1 août 2022 à 10h53
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Source : TF1 Info

Le porte-parole du gouvernement malien exhorte le président français à en finir avec "sa posture néo-coloniale".
En voyage à Bissau, Emmanuel Macron avait notamment accusé la junte au pouvoir de complicité avec la milice Wagner.
Il avait aussi alerté sur des exactions contre des membres de la communauté peul, fin mars.

"Nul ne peut aimer le Mali mieux que les Maliens", a affirmé la junte militaire au pouvoir au Mali qui s'est montrée particulièrement amère envers le président français Emmanuel Macron. Elle a notamment "exigé", ce dimanche 31 août, qu'il en finisse avec "sa posture néo-coloniale" et taise ses critiques contre l'armée malienne, l'accusant d'attiser les haines ethniques. "Le gouvernement de transition exige du président Macron d'abandonner définitivement sa posture néo-coloniale, paternaliste et condescendante, a déclaré à la télévision publique le porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga.

En cause ? Les propos tenus jeudi à Bissau par le président français. Évoquant le Mali, confronté à une grave crise sécuritaire et théâtre de deux coups d'Etat militaires en 2020 et 2021, il avait estimé que la responsabilité des Etats ouest-africains était d’œuvrer pour que "le peuple malien puisse (...) exprimer sa souveraineté populaire" et "bâtir le cadre de stabilité" permettant de "lutter efficacement contre les groupes terroristes"

Au même moment, il avait accusé la junte malienne de "complicité avec la milice Wagner", qui a qualifié de "particulièrement inefficaces pour lutter contre le terrorisme." De son côté, Bamako continue de réfuter avoir fait appel au groupe paramilitaire russe Wagner, présent au Mali sur une "base commerciale" selon la Russie.

Des accusations de massacres de civils

Dimanche soir, le porte-parole du gouvernement a aussi critiqué des "accusations erronées" de la part d'Emmanuel Macron "malgré les démentis" du Mali, condamnant "avec la dernière rigueur" les propos "haineux et diffamatoires" du président Macron alertant sur les exactions imputées à l'armée malienne contre des membres de la communauté peul lors de récentes opérations. L'armée malienne et les paramilitaires russes ont été notamment accusés de s'être livrés à un massacre de civils dans la localité de Moura (centre) où, selon l'ONG Human Rights Watch, quelque 300 civils auraient été exécutés fin mars.

Ces "accusations graves" d'Emmanuel Macron sont de nature à "susciter la haine ethnique" au Mali où, reconnait Bamako, "ces dernières années le tissu social a été dégradé à cause des conflits communautaires". Selon lui, "il est important que le président Macron se remémore constamment le rôle négatif et la responsabilité de la France dans le génocide des Tutsis au Rwanda".

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Les relations entre Paris et Bamako se sont fortement dégradées depuis un an. Après neuf ans de présence militaire au Mali, via l'opération Serval puis Barkhane, la France a été poussée vers la sortie par les autorités militaires maliennes, six mois après l'arrivée des paramilitaires du groupe Wagner.


Léa Prati avec AFP

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