Les autorités maliennes, dominées par les militaires, ont annoncé lundi l'expulsion de l'ambassadeur de France. Ce dernier dispose de 72 heures pour quitter le pays.
Le Quai d'Orsay a dit "prendre note" de la décision et rappelle son ambassadeur.

Dans une nouvelle escalade de la brouille entre Bamako et Paris, les autorités maliennes dominées par les militaires ont décidé d'expulser l'ambassadeur de France, a annoncé la télévision d'État ce lundi. De son côté, la France "prend note" de l'ultimatum et rappelle son ambassadeur, a déclaré lundi le ministère français des Affaires étrangères.

"Le gouvernement de la République du Mali informe l'opinion nationale et internationale que ce jour (...) l'ambassadeur de France à Bamako, son excellence Joël Meyer, a été convoqué par le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale (et) qu'il lui a été notifié la décision du gouvernement qui l'invite à quitter le territoire national dans un délai de 72 heures", a annoncé lundi un communiqué lu à la télévision malienne, canal de communication privilégié des autorités.

Déclarations "hostiles" de responsables français

Les autorités maliennes ont justifié cette décision par les récentes déclarations "hostiles" de responsables français à leur encontre. La ministre française des Armées Florence Parly a déclaré le 25 janvier que la junte multipliait "les provocations". Son collègue français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a, deux jours après, qualifié la junte d'"illégitime" et ses décisions d'"irresponsables", après que les autorités maliennes eurent poussé le Danemark à retirer son contingent de forces spéciales. 

Des propos jugés "contraires au développement de relations amicales entre nations",  ajoute le texte, dans lequel Bamako "réitère sa disponibilité à maintenir le dialogue et poursuivre la coopération avec l'ensemble de ses partenaires internationaux, y compris la France, dans le respect mutuel et sur la base du principe cardinal de non-ingérence". Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop avait prévenu vendredi que son pays n'excluait "rien" dans ses relations avec la France.

Paris réaffirme son engagement dans la lutte antiterroriste

"La France prend note de la décision des autorités de transition (maliennes) de mettre fin à la mission de l'ambassadeur de France au Mali. En réaction, la France a décidé de rappeler son ambassadeur", a réagi de son côté le Quai d'Orsay dans un communiqué. Le ministère des Affaires Étrangères a aussi rappelé son engagement à poursuivre la lutte antiterroriste et à travailler à la stabilisation de la région.

Paris exprime ainsi "sa solidarité vis-à-vis de ses partenaires européens, en particulier du Danemark", dont le contingent arrivé dans le cadre de l'opération internationale antijihadiste Takuba vient d'être expulsé par la junte au pouvoir à Bamako "sur la base de motifs infondés", avance le texte. Le communiqué rappelle aussi la "solidarité" de Paris à l’égard de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) dont le représentant au Mali a également été expulsé, ainsi que "son engagement en faveur de la stabilisation et du développement du Sahel, aux côtés de ses partenaires de la Coalition pour le Sahel".

Les relations entre le Mali et la France, l'ancienne puissance coloniale engagée militairement dans le pays et plus largement au Sahel depuis 2013, n'ont cessé de se détériorer depuis que des colonels ont pris par la force en août 2020 la tête de cet État africain plongé depuis 2012 dans une profonde crise sécuritaire et politique. Elles se sont encore envenimées en mai 2021, avec un nouveau putsch des mêmes colonels pour renforcer leur emprise.


La rédaction de TF1info

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